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 [BEHMP] Col des Homoncules

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Serziel
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MessageSujet: [BEHMP] Col des Homoncules   Mar 21 Juil - 13:13

Spoiler:
 

Les détonations retentissaient de part et d'autres du passage.

Le défilé rocheux s'étendait sur pratiquement un kilomètre, large d'à peine une trentaine de mètres, et était devenu le lieu de prédilection de toutes les embuscades. Les coupe-jarrets et autres brigands en avaient fait leur poste privilégié à des kilomètres alentours. Seulement, il s'avérait que depuis peu, un groupe d'homoncules, associés récemment à une volée de monstres, s'était installé au sommet des Montagnes d'Arahas, et avaient débuté ce qui semblait être une croisade purificatrice dans leur nouveau territoire. Au final, les anciens voleurs, quoique pénibles, pouvaient être gérés aisément par des raids des forces armées. Il n'en était pas de même pour les créatures nouvellement présentes. Ainsi, on avait dépêché une des équipes de Nettoyeurs parmi les plus proches, de se charger de ce problème. La mission était des plus simple : éradiquer toute menace.

Des éclats de roches volèrent. Pour la énième fois. À une extrémité du corridor, les six moines-guerriers s'étaient accroupis derrières de grosses pierres, se tenant à couvert. Ils passaient régulièrement la tête par-dessus leurs barricades de fortunes, armes au poing, pour tirer des salves dévastatrices dans les rangs ennemis, situés à quelques deux cent mètres de là. Cependant, si les Homoncules souffraient des projectiles métalliques et perdaient du sang, la plupart des monstres avaient cette constitution si spécifique qui leur permettait de régénérer leurs organes tant que leur seul et unique point vital n'était pas atteint. Les Glocks 36 permettaient de tenir les assaillants à distance, mais les munitions s'amenuisaient à un rythme soutenu. Face au six Nettoyeurs, la troupe de dizaines de 'choses' ne cessait de progresser. Lentement mais sûrement.

"Hola ! Hola !"

La voix du Général résonna dans le dos de ses hommes. Se tenant droit comme un 'i', il s'efforçait de paraître aussi grand que possible, sa canne tenue nonchalamment dans son dos. Ses lunettes à verres teintés bien remontées sur son nez, il caressa sa barbe de la main gauche, songeur. Debout, il ne dépassait pas même des rochers protégeant ses subordonnés, et depuis plusieurs minutes effectuait des allers-retours, d'un flanc à l'autre du défilé. Jetant un coup d'oeil sur un des moines, il le frappa d'un coup sec derrière la tête.

"Plus bas le pouce droit ! Et je veux que la main gauche tienne correctement la droite. Sinon l'arme ne sera pas stable."

L'autre acquiesça, accompagnement son 'Oui Chef !' d'un hochement de tête prononcé, avant de se remettre en position. Iswa poursuivit son chemin, guettant la moindre imperfection au sein de son groupe. Les tirs étaient groupés au niveau des premières lignes adverses, tandis que leurs rangs se gonflaient régulièrement de nouvelles têtes. Il était pour le moment impossible de préciser leur nombre exact, et le doute commençait son travail de sape chez les Nettoyeurs. Le Général leva brusquement sa canne au-dessus de sa tête. Le sifflement attira l'attention de ses hommes. Abaissant son bras, il pointa le front des opposants. Une lueur interrogative s'alluma dans le regard de son bras-droit. Un sourire suffit à lui indiquer que l'ordre était donné. L'autre harangua ses compagnons : l'assaut était donné.

"Envoyez les G6 ! Trois en soutien, les deux autres avec moi !"

Le trio de tireurs se postèrent au sommet des rochers, à demi cachés dans des alcôves naturelles de la paroi. Les autres, armes au poing, se jetèrent en avant, zigzaguant entre les débris résultant de l'affrontement. Le Commandant avait pris la tête de son équipe, fonçant à la rencontre des premiers Homoncules, parmi ceux qui avaient survécus. Ils n'avaient en tout et pour tout que des vulgaires épées longues à deux mains, quelques vieux fusils datant d'époques révolues. Pourtant ils avaient réussi à s'approcher suffisamment près pour envoyer les G6, et que la couverture soit efficace.

*Pan* *Pan* *Pan*

La salve mit à terre un des ennemis, qui mourut dans un râle. Ses camarades l'observèrent un instant. Un de trop, puisque d'autres balles les cueillir à l'abdomen. Seulement, des dizaines d'autres continuaient à affluer de l'arrière. La plupart tomber sous les tirs de ceux postés en soutien, ou même de l'infanterie envoyée au combat. Soudain, les trois Nettoyeurs, sur un signe de leur Commandant, se dispersèrent. Plaqué au sol, ils quittèrent la ligne de mire du tireur. Long et strident sifflement.

*BAOUM !*

La grenade de sixième génération, mélange de grenade à fragmentation et flashbang, explosa au coeur des troupes ennemies. Les plus proches furent tués sur le coup, d'autres projetés en arrière, et les survivants aveuglés et assourdis. Les Nettoyeurs quittèrent alors leur cachette, dégainant. Les katana brillaient. Le Commandant bondit par-dessus les résidus de roche, acheva un monstre, trancha la jambe d'un homoncule blessé et tournoya pour se placer au centre de ses adversaire, suivi de près par ses adjuvants. En position de défense, dos à dos et pointe vers l'extérieur, ils surveillaient la dizaine d'être informes les entourant. La moitié à peine était réellement d'apparence humanoïde. Les autres tenaient plus des animaux, ou de choses innommables.

"Aller."

Les trois tireurs partirent au secours de leurs compagnons, obéissant aveuglément aux ordres du Général. Lui, suivait derrière à petit pas. Malgré son âge et sa vieillesse apparente, il gardait une souplesse et une vivacité surprenantes, trottant entre les pierres encombrant le chemin. Tout sourire, il suivait le combat depuis le début, et notait tout.

"Ileana ! Baisse cette garde nom de Sued !"

La jeune femme s'empressa de suivre les instructions, avant qu'un monstre écailleux de couleur ocre ne la prenne pour cible. Un écart, un cout de reins, et l'être qui n'aurait jamais du voir le jour se retrouva privé de ses membres antérieurs. Il recula, et laissa échapper un cri rauque. Dans le même temps, une demi-douzaine d'autres créatures synchronisèrent leurs mouvements. Griffes, crocs, épées, ils lacérèrent l'air devant les moines-guerriers. Un grognement sourd s'éleva. Iswa fronça les sourcils.


Dernière édition par Surë le Lun 23 Nov - 14:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [BEHMP] Col des Homoncules   Dim 26 Juil - 14:19

Spoiler:
 

Un autre homoncule trouva sa place, allongé de tout son long dans la poussière. Inerte. Les katanas sifflaient, dansant avec grâce autour des Nettoyeurs. Pour le moment, si l'un d'entre eux se voyait affublé d'une quelconque égratignure, c'était alors la blessure la plus grave à laquelle ils avaient affaire. Les six moines-guerriers se battaient vaillamment, tandis que les troupes adverses ne cessaient de diminuer en nombre. Seuls les monstres étaient réellement difficiles à mettre à terre, du fait de leur capacité de régénération cellulaire. Les Homoncules, quant à eux, bénéficiaient d'affinité particulière avec la Mana, mais qui s'avéraient insuffisantes lors d'affrontements de ce type. Ainsi, les Nettoyeurs pouvaient à loisir montrer leurs talents de combattants et mettre à profit tous les enseignements des maîtres d'armes renommés de la Guilde. Les armes blanches — haches, masses, épées — étaient déviées ou parées avec une facilité presque déconcertante, et la rage des ennemis ne cessait de croître en même temps que leur incapacité à dominer. Bientôt, il ne resta plus face aux Ëjids que deux homoncules et trois monstres, dont un qui restait assis en retrait, observant la scène. C'était en l'apercevant que le Général avait auparavant froncé les sourcils. Une moue discrète étira ses lèvres.

"Gillian, Calixte, en position habituelle ! Prenez les homoncules. Ileana, occupe-toi des monstres avec Anselme. Et monte cette garde maintenant ! Quant à vous deux," fit-il en désignant le Commandant et le Nettoyeur qui l'accompagnait, "chargez-vous de celui-ci. Pas de précipitation."

Assis en tailleur sur un roc surplombant la scène, il donnait ses ordres de sorte à ce que tous sachent exactement quoi faire. Il était hors de question qu'un de ses hommes soit blessé lors d'une mission de routine. Cela faisait des années qu'il combattait ces erreurs de la nature et jamais il n'avait eu à déplorer de quelconque perte, même durant la bataille des Emirats durant laquelle les vagues de Stigmatisées avaient manqué déborder les troupes alliées. Un seul individu avait du effectuer un stage à l'hôpital, et il s'en était sorti indemne. Ce n'était pas en ce jour que ces 'choses' allaient causer leur perte.

Les deux homoncules rivalisaient de souplesse pour éviter les coups des moines-guerriers. Leur code génétique ayant été modifié, malgré leur apparence plutôt proche de celle des humains — ou d'un nain pour l'un d'entre eux — ils avaient hérité de capacité propres à celles des serpents, de sorte que leur squelette pouvait se désarticuler, et que leurs muscles avaient proliféré. Ils étaient vif, mais Gillian et Calixte travaillaient ensemble depuis des lustres, et étaient rompus aux duos à lames. Le premier Se fendit pendant que l'autre lançait un coup horizontal. Seul un des deux opposants s'en sortit. Regardant feu son compagnon, il se crispa et cria, avant de se jeter en avant. Mais il n'avait plus aucune chance.

Ileana faisait preuve d'une maîtrise de soi remarquable. Elle avait servi d'appât, laissant le monstre approcher le plus près possible, jusqu'à ce qu'il s'apprête à la frapper, les poings levés. C'était celui auquel elle avait tranché les bras un peu plus tôt. Anselme arma. L'orbe vital de la 'chose' était visible, faible lueur, logée sur la droite de son bassin. Il appuya sur la gâchette. Les os explosèrent et la bête exulta dans un râle, son corps s'effondrant à côté de la femme. L'autre, mi-félin-mi-araignée, fixe le binôme de ses trois paires d'yeux. Ses mandibules claquèrent. A vouloir se prouver mutuellement leur force, ils avaient perdu toute chance de l'emporter.

"Repli !"

L'ordre avait claqué. Le Commandant avait tendu l'oreille, et une certaine incompréhension modifia ses traits. Jamais il n'avait entendu cet ordre de la bouche de son supérieur hiérarchique. Ou bien peut-être une fois ou, mais seulement dans des cas extrêmes. Ce qui à priori n'était pas le cas ici. Tous tournèrent la tête, délaissant leurs combats respectifs. Quand soudain un le monstre que le Commandant affrontait alors se redressa, après avoir récupéré de sa blessure à la clavicule. Dominant l'assemblée de sa carrure imposante, il gonfla son torse aux pectoraux saillants, avant de brandir un de ses quatre bras. Ce dernier prit un étrange coloris. Des volutes violets l'entouraient, comme hypnotisant les autres.

"Repli j'ai dit !"

Iswa laissa la Mana affluer dans son être, et appuyer ses propos. Son charisme naturel reprit le dessus et ses troupes se reculèrent quasi-instantanément. Mais trop tard. L'énorme poing s'abattit, fendant littéralement le sol.

*BAOUM !*

Le choc fut au moins deux fois plus puissant que la G6, et parmi les être vivants présents, tous furent projetés sur les parois par l'onde de choc. Ballotés comme de vulgaires fétus de paille. Le Général passa la tête au-dessus de sa barricade. Ses lunettes était de travers, et sa barbe avait perdu son aspect lisse et soyeux. Deux tiers de ses hommes étaient inconscients. Il s'avança alors vers la 'bête'. Elle le regarda de ses petits yeux vitreux. Injectés de sang. Et grogna une énième fois, comme pour démontrer sa supériorité face aux races premières. Mais l'Elfe ne l'entendait pas du tout de cette oreille. Du coin de l'oeil, il aperçut le seul monstre survivant en train d'agiter ses pattes noueuses au-dessus du corps de Calixte. Une balle en pleine tête suffit à faire taire la 'chose'.

"Toi. On s'est déjà croisés. La dernière fois t'as failli trouer la peau d'un des mes gars."

L'autre se mit à baver. D'allure simiesque, il présentait aussi des attributs reptiliens, à savoir sa queue et son museau aux crocs acérés. Sa tête triangulaire se pencha en avant, gueule grande ouverte. Il écarta ses deux paires de bras et plongea sur le Général. Celui-ci recula. Trébucha, roula en arrière, se cogna la tête et termina en glissant sur le ventre à quelques mètres de là. Sain et sauf, puisque tout ce que son adversaire put mâcher fut un gros caillou recouvert de mousse. Iswa se releva en souriant. On aurait dit un enfant. Naïf au possible et qui venait de trouver un nouveau jeu plus excitant encore. Il épousseta ses vêtements et refit quelques pas en avant.

"Alors gros tas ! Pas capable d'attraper quelqu'un comme moi ? Pourtant ce sont pas les mains qui te font défaut."

Le plus nonchalamment du monde, il se rassit et attrapa une pipe d'ébène qu'il porta à ses lèvres. Bourrant le tout et l'allumant, il ne quittait pas la bête du regard. Elle piqua d'ailleurs une crise, poussée à bout par cet énergumène qui venait de lui échapper. Tous les autres avaient subi de plein fouet son formidable coup de poing, et lui, le plus minuscule d'entre eux, le plus vieux, avait survécu. C'était inimaginable. Le monstre rua. Le Glock relâcha sa bille de mort. Faisant exploser la rotule. L'autre s'affala juste devant le Général, qui l'observait avec un mélange de dégoût et de pitié. Il aurait penser pouvoir jouer plus longtemps, mais en fin de compte, son adversaire n'était pas marrant. Rajustant ses lunettes, il pointa son pistolet sur la tête de sa cible. Elle bougea soudainement, leva une main griffue vers le visage du vieil elfe. Une main qui retomba lourdement, les doigts en miettes. La tête penchée en arrière, Iswa souriait. C'était moins une. Un peu plus et il était défiguré. Un rire clair jaillit même de sa gorge.

"Ah ah ! Tu m'as presque eu. En revanche," et son ton se durcit, "tu t'es permis de souffler ma pipe."

*Pan*

Lissant sa moustache et son bouc, le Général ralluma son brûle-gueule et donna à boire à ses hommes. Il se sentait bien. Si Nÿm faisait son travail pour obéir à l'Azhar, et considérait le combat comme un Art, 'Tellelë', comme il aimait à l'appeler, s'impliquer profondément dans son rôle de gardien de vies. Il aimait partager du temps avec ses hommes et, quand bien même il pouvait paraître froid et dur, ses ordres avaient toujours un sens. En opposition avec cette droiture d'esprit dans le travail, il pensait que se battre était un jeu, et qu'il valait mieux en rire qu'en pleurer. Cela lui avait valu les quolibets de nombreuses personnes durant sa carrière, mais il en était finalement sorti vainqueur. Et cette maladresse habituelle revenait le hanter durant les affrontements. Il avait appris à tirer profit de la moindre erreur, qu'elle fût sienne ou celle de son ennemi, et depuis longtemps, seul Nÿm l'avait remis en place en combat singulier. Tirant une bouffée de tabac, il laissa la fumée envelopper son visage.

Les autres furent bientôt sur pieds, encore un peu sonnés par les récents événements. Toutefois, si leur mission était terminée, il était de leur ressort de poursuivre dans le corridor, pour nettoyer les éventuels survivants et voir si il n'y avait pas quelques points intéressants. Les montagnes étaient naturellement hostiles. Les Mont Arahas étaient d'hostiles montagnes. La nuit allait bientôt tomber.
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MessageSujet: Re: [BEHMP] Col des Homoncules   Mer 12 Aoû - 14:18

Spoiler:
 

Le Général leva la main, indiquant l'arrêt de ses troupes. Désignant un enfoncement dans la paroi rocheuse, il leur indiqua que leur campement se tiendrait en cet endroit pour la nuit. Inutile de se lancer dans de vaines recherches. Bientôt, l'astre solaire aurait décliné, plongeant les montagnes dans les ténèbres et leur froideur coutumière. Un cercle de pierre au sein duquel on alluma un feu fut rapidement installé. Les sept individus prirent place autour de lui, en silence. Chacun avait revêtu une épais manteau doublé de fourrure pour se protéger de la morsure du froid. Iswa était positionné en tailleur sur un rocher plat, poli par le temps et le passage de nombreux êtres vivants. Cependant, ce qui avait du autrefois être une grotte était désormais obstrué par un amoncellement de pierres tel qu'il était impossible d'apercevoir si oui ou non un passage y était dissimulé. Le vieil elfe triturait machinalement sa fine moustache blanche, les sourcils froncés. Calixte en profita pour briser le pesant silence en prenant la parole. Sa voix était claire.

"De ce que nous savons, il devrait rester encore un ou deux nids de monstres dans les Monts Aharas. J'ai aussi entendu, dans le dernier village visiter, des rumeurs concernant d'anciennes bases militaires, du temps de l'ante-Redemptio."

"Et ?" Ileana lui lança un regard moqueur. Elle aimait jouer avec les nerfs des gens qui l'entouraient, d'autant plus s'il s'agissait d'hommes. "Tout le monde sait que les homoncules ont investi les lieux pendant longtemps, que les tempêtes et les avalanches ont tout recouvert. Si tu veux jouer au chercheur d'or, grand bien t'en fasse."

Calixte soupira. Tant pour le comportement de son équipière que pour les sourires amusés qui persistaient sur les visages de ses autres compagnons.

"Notre branche doit éradiquer. Mais pense que notre rôle public reste celui de chercheurs. On est sensé fouillé en quête de vestiges sur..."

"Nous en sommes conscients, Calixte. Merci de rappeler à tous notre mission."

Iswa avait, en l'espace d'un instant, mis un point final à cette conversation, rabroué les esprits enorgueillis de leur présente victoire et effacé les tensions dues à l'accumulation de fatigue. Le calme revint immédiatement après son intervention. Ileana baissa la tête, fixant avec intensité les flammes qui dansaient devant ses genoux. Gillian et le Commandant s'étaient déjà allongés, leur besace derrière la tête en guise d'oreiller. Ils étaient habitués à ce genre de situation, et les excursions n'avaient pas manqué dans leurs parcours respectifs. En revanche, Anselme, la dernière recrue en date dans l'équipe, n'avait pas vraiment eu l'occasion de quitter la Basilique auparavant et, s'il s'était émerveillé de tout depuis leur arrivée au Ruchaneim, il semblait cette fois-ci nettement plus inquiet. Le moindre bruissement le faisait sursauter, et toute son attitude respirait le manque de tranquillité. Le Général s'accroupit devant lui.

"Dors. Nous aurons du chemin à faire demain. Nous ne rentrerons pas de suite. Alors repose-toi."

Le dernier du groupe était un ancien soldat Pandemonan. Il avait rejoint l'Ordre il y avait peu, après avoir perdu l'usage de la voix durant une rixe dans une taverne. La cicatrice qui traversait sa gorge était dissimulée par une épaisse écharpe brune. Il était assis dans un coin, une pile de cailloux disposés devant lui. Iswa retourna s'assoir, et prit le premier tour de garde.


---


La nuit se déroula sans encombre. Hormis le froid, nul assaillant ne vint les surprendre durant leur sommeil. Les yeux clos, l'elfe lumineux se réveilla dès lors que les premiers rayons du soleil dardèrent à l'intérieur de leur refuge. Visiblement, sa surveillance avait été inutile. Les monstres et autres hérésies s'étaient terrées toute la nuit. Ou alors il n'y en avait pas dans cette zone des montagne. Le groupe rangea son matériel et se remit en route, continuant leur ascension en direction du bien nommé 'Col des Homoncules.'

Le soleil était haut quand ils en atteignirent le sommet. Situait entre deux pic rocheux couverts de neiges éternelles en leur extrémité, le chemin serpentait ensuite en pente douce, avant de s'enfoncer, aussi loin qu'une vue humaine pouvait le voir, dans une forêt de conifères. De vives bourrasques balayaient les environs, pénétrant les vêtements et rigidifiant les articulations. Il ne faisait pas bon rester trop longtemps immobile en ce lieu. Le vieux Général tapa au sol de son bâton et ses hommes se remirent en marche. Jusque là, pas la moindre trace de créatures telles les homoncules, ou d'indices relatant la présence proche de ruines quelconques. Ils avançaient en terrain inconnu et devaient faire attention au moindre geste. Marcher ainsi dans les Monts Arahas n'avait rien d'une promenade de santé. Tous le savaient pertinemment.

"Cinquante mètres. A deux heures."

Le Commandant pointa l'ouverture qu'il avait remarquée dans le flanc de la montagne. On devinait sa forme originellement circulaire, et cerclée de métal, bien que la porte avait été retirée de ses gonds, ou que du moins ses battants avaient disparu. Les Ëjids s'arrêtèrent à quelques mètres de ce qui s'apparentait le plus à une entrée. Le Général donna ses dernières recommandations.

"Gillian, Omalora" — il s'agissait du muet (Omalora signifiant 'sans voix') — "vous prenez Anselme avec vous. Vous suivrez Cano" — le Commandant — "Ileana et Calixte. Je me chargerai de vous couvrir en cas de problème. Des remarques ? Très bien. Allons-y."

Un grand sourire étira ses lèvres. Il appréciait la situation, c'était évident. Bientôt, le stress, la peur, allaient apporter leur lot d'adrénaline, et il en serait de même s'il se faisaient attaquer. Toujours souriant, il pivota vers la jeune femme, qui avait réprimé un murmure désapprobateur. Elle fusillait Calixte du regard. Iswa marchait déjà d'un pas alerte vers le passage ouvert. Le premier trio s'engouffra dans l'ombre, main à la garde de leur arme. Avec surprise, ils découvrirent un interrupteur à quelques mètres de l'entrée. Le couloir s'éclaira alors de la lueur tremblante de vieux néons. Ainsi les rumeurs étaient bel et bien fondées : il y avait bien des ruines susceptibles d'attiser la convoitise de la théocratie. Comme un enfant devant un nouveau cadeau, l'elfe haranguait ses troupes pour qu'elles avancent plus vite. Et c'est une vingtaine de mètres plus loin que se dressa le premier obstacle.

"Ah."
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MessageSujet: Re: [BEHMP] Col des Homoncules   Jeu 13 Aoû - 12:12

Spoiler:
 

Iswa passa les doigts dans son bouc, songeant à un moyen de traverser. En effet, juste devant eux, le corridor offrait un trou béant aux regards des visiteurs, avant que le sol ne reprenne, une quinzaine de mètres plus loin. Il était donc impossible de passer outre d'un bond, et les parois, originellement lisses, s'effritait tellement par endroits qu'il semblait peu probable qu'elles supportent le poids ne serait-ce que d'une personne. De plus, inutile de songer à se laisser tomber en contrebas, le fond du gouffre restait invisible aux yeux de tous, y compris pour l'elfe lumineux, plongé dans une terrible obscurité. Les sept Ëjids étaient ainsi coincés, après être à peine entrés dans les ruines. Nul besoin donc de décrire leur dégoût et leurs soupirs de désolation à la vue de cette épreuve, a priori, insurmontable.

"On fait demi-tour ? Aucun de nous ne maîtrise suffisamment la Mana pour nous permettre de passer. Et il n'y a qu'une seule issue."

Calixte s'était résigné à regret, et avant même entamé le chemin du retour, une moue de déception figeant ses traits dans une expression des plus étranges. Ileana s'agenouilla au bord du trou, et tenta d'en sonder la profondeur à l'aide d'un caillou qu'elle jeta négligemment devant elle. Une, deux, trois, quatre, cinq secondes. C'était long, très long, ce qui induisait une hauteur des plus conséquente. Mais toutefois, le bruit léger qu'ils avaient tous perçu stipulait de la présence d'un sol, bien loin en dessous-deux. Calixte avait fait volte-face, revenant se positionner dans le groupe de tête. Le Commandant attrapa une lampe torche au fond de son sac et pointa vers le bas. En vain. Il fouilla alors les environs avant de tomber — avec une stupeur non dissimulée — sur ce qui ressemblait de loin à une échelle ! Située à cinq mètres du précipice sur un mur latéral, elle plongeait dans les entrailles noires jusqu'à devenir invisible. Les matériaux étaient plutôt disparates, entre des tubes coudés, des tubes tordus, des plaques de tôle, des planches de bois maladroitement cloués ou fixés de manières on ne pouvaient plus douteuses, elle n'inspirait pas confiance. Pourtant, elle s'avérait aussi être l'unique voie disponible.

"Général, devons-nous poursuivre l'exploration, ou retourner au campement et faire un rapport en attendant de l'équipement ?"

"Bien sûr que l'on continue ! On ne va pas laisser passer une chance pareil. Aller les jeunes, je passe devant."

"Général... ?"

Le vieil elfe, qui devait faire une à deux tête de moins que la plupart de ses hommes, les poussa sans ménagement du bout de sa canne. Si il y avait une échelle, ou du moins quelque chose qui s'en approchait, cela signifiait qu'un être doué d'intelligence l'avait conçue et construite, après l'effondrement du plancher. Donc, et on pouvait avoir de fortes suppositions sur ce fait, après le Redemptio, bien que l'endroit lui soit antérieur. Et le mystère devait être dévoilé. Glissant sa canne à sa ceinture, Iswa avisa une canalisation qui courait le long d'un mur : il avait trouvé comment ses prédécesseurs usaient de l'échelle. D'un bond souple, il se suspendit au froid tuyau métallique, luisant d'humidité. Avançant à la force des bras, il atteignit rapidement les premières marches. S'assurant de la solidité de l'édifice, il fit signe au suivant de s'avancer à son tour, et entama lui-même sa descente. Gillian soupira, et lança un sourire amuser à son Commandant, qui ne voyait quant à lui rien de drôle à leur situation. Il suivit tout de même Iswa.

Bientôt, tous les Ëjids se trouvèrent perchés à ils ne savaient combien de mètres du sol, en une file indienne régulièrement espacée. Iswa progressait vite, avalant les marches les unes après les autres, et les autres peinait parfois à maintenir l'allure. Il était étonnant de voir l'énergie que pouvait déployer une personne de son âge et de son rang. Mais il ne s'agissait pas là du Général ne faisant que déléguer. Il aimait participer aux missions, comme à tout autres activité avec ses hommes. Tantôt enjoué, tantôt d'un sérieux à faire pâlir les soldats les plus droits, il avait ainsi ce caractère lunatique propre à ceux de sa race. Au final, les gens de son entourage s'y habituaient, mais il fallait avouer que ces changements impromptus avaient de quoi surprendre ou fatiguer.

Cano suivait son supérieur, n'osant pas regarder en bas de peur d'être pris de vertiges et de ne plus pouvoir assurer son rôle de soutien. Tout à coup, son pied heurta quelque chose. C'était dur, et ça se balançait légèrement de gauche à droite. Prenant sur lui, le Commandant tenta un coup d'oeil rapide, pour apercevoir le dessus du crâne de son Général. Un ronflement sourd monta à ses oreilles. Se retenant de frapper sur ladite tête pour réveiller le vieil idiot inconscient qui se trouvait dessus, il ne put s'empêcher de râler à haute voix. Hurler.

"Non mais ça va pas ?! Général ! Réveillez-vous bon sang ! On peut pas rester là !"

L'elfe bailla, leva les yeux, regarda autour de lui, et prit conscience de l'endroit où il se trouvait.

"Vous n'avanciez plus, j'en ai profité pour faire une somme en vous attendant, voilà tout. Aller, on traîne pas."

Au-dessus, les autres n'avaient perçus que des bribes de la conversation et restait dans l'incompréhension quant à leur brutal arrêt. Ils reprirent l'allure sans mot dire. Le tout continua plusieurs longues minutes encore avant que le regard perçant d'Iswa ne distingue leur point d'arrivée. Adressant une bref "Je passe devant." à ses compagnons, il se laissa glisser à l'échelle, avant d'atterrir dans un fracas retentissant. Les autres pressèrent le pas pour le rattraper, terrorisés à l'idée qu'il se soit blessé. Mais quand il posèrent pied à terre, le Général époussetait simplement ses vêtements, sa peau luisant étrangement par endroits. Tout sourire, il leur indiqua qu'il avait trouvé un chemin au milieu des décombres. Armés de leurs lampes torches, les Ëjids entreprirent d'inspecter les lieux. L'édifice semblait s'étendre sur trois à quatre étages, ou plutôt sous-sols, reliés entre eux par une immense escalier central et des ascenseurs éparpillés aux quatre coins et désormais hors d'usage. Le bâtiment possédait une structure circulaire, à en juger par ses couloirs qui tournaient sans cesse, une multitude de portes s'ouvrant de chaque côté sur des laboratoires, des réfectoires, ou d'autres salles de tests.

Iswa leva la main et ses hommes se stoppèrent. Posant l'index sur son menton, il parut réfléchir longuement, avant de pointer une porte plus en avant dans le corridor.

"Là."

"Qu'y a-t-il ?"

"Je n'en sais rien du tout. Mais j'ai envie d'aller voir."

Et il s'avança, sous l'oeil désabusé de ses subordonnés, avant de tirer la poignée. Le grincement attira l'attention des individus déjà présents. Et plusieurs paires d'yeux injectés de sang pivotèrent dans un ensemble parfait dans sa direction. Il referma précautionneusement la porte.

"En fait. Non."
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MessageSujet: Re: [BEHMP] Col des Homoncules   Ven 14 Aoû - 19:33

Spoiler:
 

Les Ëjids regardèrent leur supérieur hiérarchique avec un étonnement non dissimulé. Le vieil elfe se tenait dos à la porte et, un grand sourire aux lèvres, il leur désigna la pièce se trouvant dans son dos, leur indiquant discrètement qu'il y avait du monde qui occupait déjà la place. Puis, reprenant un air de loin plus sérieux que l'instant précédent, il désigna ses hommes et leur fit signe à chacun de se positionner de part et d'autre du couloir, de sorte à intercepter toute tentative de fuite. Du peu qu'il avait aperçu de l'endroit, Iswa n'avait décelé qu'une seule sortie, celle devant laquelle il se tenait alors. De la sorte, les animaux, homoncules ou autres monstres se cachant à l'intérieur, et qui de toute évidence n'allaient pas tarder à se lancer à l'assaut, ne pourraient aucunement s'échapper. Un long et douloureux grincement attira l'attention du Général. Il haussa un sourcil.

*Klong*

Il déglutit lentement, en fixant l'épaisse griffe noire qui venait de percer la porte à côté de con visage. Il était grand temps pour lui de se reculer et de déléguer l'affaire à ses troupes. D'un bond souple il se mit hors de portée, ses yeux rivés sur les gonds chancelant du battant métallique, tandis que les six autres Nettoyeurs se tenaient en position, Glock au poing pour les plus éloignés, sabre pour les autres. Le pan de métal jaillit hors de l'ouverture, sous la pression de main surpuissantes. Il alla s'écraser sur le mur d'en face, y laissant une profonde marque, avant de chuter lourdement sur le sol carrelé. La première créature à sortir de l'antre fut un être hybride, mi-femme-mi-ours. De petite corpulence, elle était vêtue d'un tapis de poils et, de plus, était pourvue d'un regard des plus belliqueux. Son visage aux traits pourtant fins et sans fourrures était transfiguré par une rage aveugle et sa soif de sang. Levant haut les bras, elle hurla. D'autres créatures lui emboîtèrent alors le pas, sous forme d'une meute de chien enragés. Des EGM. Deux fois la taille de dogues allemands classiques, des canines démesurées, des griffes qui lacéraient le marbre avec une aisance déconcertante et de minuscules yeux rouges. Leur pelage noir était hérissé, et les muscles saillaient de part et d'autre de leur organisme.

*Pan* * Pan* *Pan*

Les balles fusèrent, perçant les chairs et brisant les plus petits os. Sur la huitaine de cerbères, un seul tomba, touché en plein coeur. Les autres ne furent blessés respectivement qu'à une patte antérieure et l'autre à la mâchoire. Ce dernier perdait beaucoup de sang, mais il semblait ne pas même en avoir conscience. L'articulation pendait lamentablement, et chaque grognement de sa part laissait échapper un horrible gargouillis du fond de sa gorge, misérable mélange de bulles de bave et de sang. L'homoncule féminin chargea alors.

Au premier rang de part leur meilleur maîtrise du corps à corps, Gillian, Cano et Calixte grimacèrent avant de s'interposer dans une ensemble minutieusement synchronisé. Les trois sabres se croisèrent devant la bête, de sorte à l'arrêter dans sa course, mais elle repoussa les malheureux avec une force surprenante, Calixte se retrouvant projeté à plusieurs mètres de là, désarmé. Les deux autres restèrent difficilement debout, et se regardèrent. Un hochement de tête signifia leur accord. Pendant quelques temps, le Commandant avait exercé en temps que maître d'arme dans l'Ordre. Finalement, l'appel du terrain l'avait poussé à changer de grade, mais il n'en gardait pas moins un excellent bretteur. La femme-ourse grogna et balança ses longues griffes aile de corbeau devant elle. Les deux escrimeurs l'esquivèrent avec aisance et entreprirent de mutiler ses flancs via des assauts répétés. La fourrure, drue, recouverte de déchets et de sang séché, atténuait cependant la puissance et l'efficacité de leurs essais. Ils durent rompre pour encadrer un Calixte encore quelque peu sonné.

De leur côté, les tireurs faisaient des ravages dans les rangs ennemis. Cinq chiens avaient déjà succombé aux balles mortelles des Glocks. Les corps gisaient, étendus dans leur propre sang. Le sol en était poisseux, et les effluves malodorantes des animaux se mêlaient à celles de la mort pour créer un parfum difficilement supportable. Ileana dut porter une main à son visage pour retenir un haut-le-coeur. Un chien en profita pour se jeter sur elle, crocs et griffes dehors. Ses dents ne purent se refermer que sur le vide, claquant de colère. Un bâton aux formes irrégulières l'avait intercepté en plein vol, le maintenant à distance raisonnable de sa cible. Iswa donna une petite impulsion et renversa l'animal qui roula de côté. Le temps qu'il relève la tête, une balle la traversait. Olamora venait de tuer sa troisième proie. Anselme n'avait quant à lui réussi qu'à blesser trois d'entre eux.

"Calixte !"

Le Commandant avait crié. Leur camarade s'était jeté seul dans un énième assaut. L'homoncule avait jusque là repoussé sans mal leurs tentatives, et le jeune fou voulait tout de même briller. Une certaine forme d'arrogance, mêlé à de l'inconscience probablement. Gillian se glissa dans son sillage en soupirant. Une main grande comme une pastèque vint percuter le crâne de Calixte, le mettant hors d'état de nuire. Il avait évité le pire. Gillian usa de cette diversion improvisée pour se fendre et planter son sabre dans l'abdomen de la 'chose'. Un cri douloureux s'échappa de ses entrailles, de même qu'un flot de sang noirâtre. Cano était passé dans le dos de la femme et avait bondit, katana au clair. Le coup déchira les muscles et les tendons de la clavicule jusqu'à la hanche. Ce qui n'empêcha pas l'homoncule de pivota pour l'envoyer au loin.

Il était trop dangereux pour les tireurs de viser l'homoncule. Tous les chiens étaient morts, mais les mouvements de leurs coéquipiers limitaient leur liberté d'action. Ils patientaient donc sur la touche, sachant pertinemment qu'une intervention de leur part ne ferait que gêner leurs compagnons. Pourtant Omalora leva son bras droit, et arma son pistolet. Son visage, impassible, se tourna vers le Général qui, après avoir réfléchit, acquiesça. Le muet ferma son oeil gauche, et se concentra. La femme n'avait de cesse de se déplacer, de ruer en tous sens, et il serait difficile de l'atteindre. D'autant plus que les autres s'escrimaient à la lacérer de toutes parts sans parvenir à lui causer de réelles dégâts. Il inspira doucement. Expira. Bloqua son souffle. Visa.

*Pan*

Au bruit du coup, l'homoncule se tourna vers les membres en retrait. Cela faisait longtemps que ce son n'avait pas résonné dans le corridor. Elle n'eut pas vraiment le temps de comprendre de quoi il s'agissait. La balle traversa sa boîte crânienne d'une oreille à l'autre. Gillian l'acheva d'un coup, tranchant la tête. Iswa souffla, congratula Omalora du regard et fit signe aux autres de poursuivre, sans intention aucune de prendre une pause. Anselme et Gillian soulevèrent le corps inconscient de Calixte et ils continuèrent leur route après un brève examen de la tanière des bêtes. Rien d'intéressants, hormis un amoncellement considérable de squelettes. Ils s'engagèrent donc en direction du second sous-sol.
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MessageSujet: Re: [BEHMP] Col des Homoncules   Lun 17 Aoû - 20:05

Spoiler:
 

Le groupe dut rapidement constater que le troisième sous-sol était devenu tout bonnement inaccessible. L'escalier qui y menait avait était presque entièrement détruit, et des amas rocheux bouchaient le passage. De même les anciens ascenseurs faisaient office de bouchon dans les cages correspondantes. Les Nettoyeurs avaient préféré tout d'abord faire cette simple reconnaissance avant de s'attaquer à la découverte des différentes pièces, de sorte à éviter de tomber trop tôt sur une mauvaise surprise, comme au niveau supérieur. Cette fois, Iswa marchait en tête, le claquement de son bâton sur les carreaux résonnant dans les longs couloirs faiblement éclairés. Moins de la moitié des néons était en état de fonctionner, quand à ceux qui restaient, la plupart ne s'allumaient que par intermittence, ce qui rendait la vision forcée et difficile, fatiguant les yeux pour les moins aguerris. Le vieil elfe avait cet avantage sur ses hommes, sa vue était perçante, et il y voyait plus ou moins comme un être humain aurait pu y voir dans un environnement normalement éclairé. Son rôle serait de prévenir ses troupes le moment venu, si moment il y avait.

"Arrêtons-nous ici." fit-il en levant la main gauche au-dessus de son épaule.

Derrière lui, tous stoppèrent la marche, se tenant droit et prêts à agir à la moindre sollicitation. Le Général leur indiqua qu'ils faisaient juste une pause, histoire de se reposer et ne pas être pris au dépourvu au premier événement imprévu qui surviendrait. La condition physique autant que mentale étaient deux atouts indispensables chez les Ëjids, et il se devaient donc de les préserver au possible. Calixte prit ce temps de répit avec une joie non dissimulée. Se laissant tomber sur une vieille caisse de bois, il soupira d'aise en étirant ses jambes et laissant reposer sa tête contre un mur. L'attaque de l'homoncule n'était pas encore totalement passée, et sa vision se troublait parfois, de même que certains muscles étaient parcourus de spasmes légers. Une sorte de crispation post-traumatique. Gillian lui tendit sa gourde, histoire qu'il se désaltère et reprenne ses esprits. Le puissant hydromel contenant dans le récipient ne tarda pas à réchauffer le crâne du moine-guerrier, qui arborait alors un sourire comblé. Ileana lui murmura un "Petit joueur." discret, juste avant qu'Iswa ne se redresse.

"La pause est finie. En route. Nous avons des salles à explorer."

Le cliquetis régulier du bois sur le marbre reprit son rôle de métronome auprès des Ëjids. La première porte était un ancien débarras, et n'avait aucun intérêt scientifique. Les suivantes le furent plus, mais les objets découverts, tels des microscopes, ou des machines de haute-technologie, comme ces écrans de verres sur les murs — des ordinateurs extrêmement modernes, ils l'apprirent par la suite —, ou même encore ces étranges machines destinées apparemment à accueillir la tête d'un homme pour effectuer des expériences dessus, toutes avaient été détruites — ce que nous nommons scanners par exemple—; tout sans exception était hors service ou détruit. La déception se lisait clairement sur le visage du vieil elfe, et il fit volte-face, passant à la salle annexe, la neuvième qu'il visitait depuis leur arrivée à ce sous-sol.

"Général, peut-être vaudrait-il mieux renoncer finalement. Nous avons pratiquement fouillé partout, et rien ne semble avoir survécu au Redemptio."

"Justement. C'est dans ces instants précis qu'il faut persévérer !" rétorqua-t-il en fronçant les sourcils. Mais il doutait aussi de l'utilité de leur présence en ce lieu.

"Alors il n'y a plus qu'à espérer que la chance nous sourisse."

"A moins de tomber sur une autre bande de créatures assoiffées de sang ayant élu domicile ici..." ronchonna Calixte, soudain bien plus réveillé.

"Peut-être. Probablement même." fit Iswa en souriant. Il adressa un clin d'oeil au concerné. "Et alors ? Je trouve ça nettement plus intéressant que les recherches de la semaine passée. Non ?"

Indéniablement, le Général avait l'art et la manière de remotiver ses troupes. Tous se regardèrent et, de connivence, ils acquiescèrent aux propos de leur supérieur hiérarchique. La tension qui régnait alors en leur sein s'évacua, et seul resta le stress de l'inconnu, les agréables picotements et frissons d'une peur maîtrisée, cette douce adrénaline qui ne tarderait pas à se répandre dans l'organisme, comme elle l'avait fait de longues minutes auparavant. Le pas se fit plus léger, plus alerte, et l'allure des recherches en fut considérablement augmentée. Ainsi, il ne leur resta rapidement plus que trois portes à ouvrir pour terminer leur mission. La première fut un échec parmi tant d'autres. L'odeur y était insupportable à cause de cadavre qui avaient pourri dans un coin, certains écrasés sous des machines, d'autres encore enfermés dans ce qui ressemblait à des cages de verre. Il était clair qu'on y avait mené des expérience sur l'être humain, sans nul doute pour parvenir à créer le parfait petit soldat. L'elfe fit une moue dubitative et referma la pièce en silence.

L'instant suivant, il ouvrit la porte d'en face. Voulut ouvrir. Elle était verrouillée, et la marque pâle à sa surface indiquait l'ancienne présence d'un panneau en son centre. En chinant dans les décombres environnants, Ileana trouva le panonceau. Jaune, il y était inscrit en lettres noires, bien visibles : "Réservé au personnel autorisé. Danger de mort." Iswa regarda son commandant. Un immense sourire fendait son visage.
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MessageSujet: Re: [BEHMP] Col des Homoncules   Lun 9 Nov - 18:09

Spoiler:
 

Le Général observa un instant le verrou. Il parut hésiter, mais en réalité il n'en était rien. Il bouillonnait, quelque part impatient de découvrir de quoi il allait en retourner. Ce panneau était l'indication la plus probante d'une future trouvaille des plus exaltantes. La porte étant toujours hermétiquement close, ce qui se trouvait à l'intérieur avant la destruction du laboratoire devait encore s'y cachait, à moins d'avoir fui par une autre voie, ou d'avoir quitté Terra pour rejoindre les royaumes souterrains de Juezel. L'elfe fit une moue et se retourna en direction d'Ileana. Un hochement de tête suffit à lui indiquer la marche à suivre. Tous se reculèrent d'un pas et la jeune femme arma son bras, Glock au poing. L'index se positionna sur la détente tandis que le canon pointait vers l'épais cadenas condamnant l'accès à la salle. Le sourire aux lèvres, il appuya nonchalamment, propulsant la balle en plein sur sa cible. Ce fut du moins ce qu'elle crut de prime abord, avant qu'elle ne constate que le projectile venait de rebondir sur le sol, devant la porte. Le coup de feu avait pourtant bel et bien résonné, et une rapide vérification lui confirma l'aboutissement de son acte : il y avait eu tir. Elle fronça les sourcils. Iswa lissait une mèche de sa pâle moustache, songeur. D'un geste, il lui intima de recommencer, soudainement bien plus absorbé par ce qu'il se passait.

Ileana réarma et tira. Se concentrant pour mieux déceler la source de leur échec, l'elfe lumineux porta ses yeux sur le verrou. La balle ne l'atteint pas même qu'elle se stoppa nette dans sa course, avant de choir lamentablement à côté de la précédente. Pourtant, le Général lui-même avait touché la poignée de la porte. Le sort, ou quoi que ce fût, qui protégeait cette entrée était donc spécifique : n'atteignant pas les personnes, il s'activait — par exemple — à l'approche des munitions d'armes à feu. Calixte profita du silence pour railler Ileana.

"Bon, je crois que c'est clair, on rentrera pas là-dedans. En plus, le panneau indique clairement qu'il..."

Le regard d'Iswa le trancha mieux qu'une lame de sabre. Glacial et acéré. Les derniers mots restèrent bloqués au fond de sa gorge et il baissa la tête. L'elfe se plaça en face de l'entrée, impassible. Dans son dos, tout le monde retenait son souffle. Aucun d'entre eux ne possédait une maîtrise de la mana suffisante pour bénéficier de magies offensives. Pas même le Général. Pourtant, c'était bien de mana qu'il s'agissait, sous cette forme de halo argenté autour de son corps. Son bras droit tendu devant lui, il y concentra son énergie, et durcit la dernière couche d'épiderme en la faisant fusionner avec les particules argentés en lévitation. Sa peau brillait, elle réfléchissait la lumière en une myriade de rayons irisés, comme faites d'un cristal des plus purs. Rien n'était certain quant à la réussite de cette tentative. L'elfe était bien loin d'être un monstre de puissance. Pourtant il frappa.

Le coup résonna. Métallique. La vibration de la porte vrilla les tympans de tous les protagonistes, en un sifflement strident insupportable. La barrière invisible humilia l'assaut inutile du Général, répandant son onde douloureuse dans le membre de l'assaillant. Les doigts étaient rougies. La magie avait été annihilée sans préavis et les phalanges saignaient. Le cadenas restait de marbre, insensible. Iswa était hors de lui. Il agitait son bâton en tous sens, rageant et pestant comme pour apaiser la douleur. Les autres restaient silencieux. Ils avaient parfaitement conscience qu'en de telles situations, mieux valait se taire et éviter toute remarque qui pourrait prêter à débat. Puis l'elfe lumineux s'assit. Tout d'un coup. Les yeux clos il était figé, le temps ne l'atteignant plus.

"Je me charge de la porte." chuchota Cano.

De sa poche, il sortit deux fines aiguilles. Le verrou était simple, un cadenas à clé métallique, qui semblait protégé contre les attaques magiques et les balles. Doucement, le Commandant approcha les pointes d'ivoire taillé de la serrure. Il n'y eut aucune réaction. Tout aussi précautionneusement, il les glissa l'une après l'autre à l'intérieur et commença son travail de recherche. Un premier relief entrava son mouvement, et il changea de direction. Premier déclic. Premier sourire. Continuant son travail de sape, il perçut la dernière rotation mécanique alors que le bâton du Général percutait le sol carrelé.

"Après mûre réflexion, nous..."
*Clang*

Le battant pivota en hurlant à la mort. Iswa eut un instant de vide. D'incompréhension totale. Clignant des yeux, il regarda la salle plongée dans le noir qui leur apparaissait à travers l'ouverture. Son regard passa de Cano à l'entrée. De l'entrée à Cano. Toussotant il reprit, comme si de rien n'était.

"... nous rentrons selon la même formation que tout à l'heure. Aller, on se bouge !"

Une pause. Personne n'avait fait le moindre mouvement.

"Des objections ? Bon, alors ! Au boulot."

Il avait vraiment un sale caractère, le petit vieux aux oreilles pointues. Cependant, on aurait presque cru entendre une sorte de 'merci' discret s'échapper de ses lèvres, entre le murmure et le grognement. Sabre à la main, ils pénétrèrent dans la salle interdite. Et ce qu'ils aperçurent les cloua littéralement sur place.

Plusieurs sas de sécurité successifs, tous constitués de parois blindés, qu'il s'agisse de verre ou de métaux, tous comportant des systèmes de pass complexes pour accéder au suivant, le tout géré par un énorme ordinateur dans le hall d'entrée, ordinateur qui paraissait ronronner encore malgré le temps passer. Les anciens avait du mettre au point une technologie de canalisation de l'énergie de haut niveau, qui permettrait à cette unité centrale de rester active pour une durée quasi infinie. Et même si la plupart des personnes présentes n'en comprenait pas la moitié, ils pouvaient percevoir les années de travail et de recherches nécessaires à aboutir à un tel résultat. C'était tout bonnement impressionnant. Mais ce qui attira le plus leur attention à tous, c'était ce qui se cachait, ou ce qui était retenu derrière lesdits sas : une cuve gigantesque rempli d'un liquide d'un vert fluorescent contenait un être humanoïde impossible à définir. Totalement nu et imberbe, il flottait dans la substance luisante, maintenu par tout un réseau de filins, d'électrodes et de perfusions. Un tuyau implanté dans son système respiratoire lui imposait une respiration forcée.

"Ça, c'est quand même vachement plus cool que les bestioles de tout à l'heure, non ?" s'exclama Calixte, les mains sur les hanches.

"Tu faisais 'quand même vachement' moins le fier, étalé par terre." rétorqua Ileana, ironique.

"Taisez-vous."

Iswa s'était avancé vers le sas le plus proche de lui. Il y en avait six. Omalora voulut le suivre mais la porte se ferma brusquement, le système hydraulique émettant ce son caractéristique. Tous encerclèrent le sas, armes au poing, mais l'elfe les arrêta d'un geste de la main. Il avait fait fi des images indiquant la marche à suivre, ayant remarqué l'absence des combinaisons qui y étaient représentées. Il pensait pouvoir passer malgré cela, sans pour autant impliquer tout le groupe d'Ëjids. Des bras venaient de se déplier, sortant directement de la paroi métallique. Munis de sondes sensitives en leur extrémité ils firent toucher, tester, la surface du Général, comme pour tracer une image de son enveloppe charnelle. Après quoi un voyant vert s'alluma au plafond indiquant l'ouverture de la porte suivante. Chaque écluse semblait devoir correspondre à un sens particulier. On testa sa résistance, son endurance, par toutes sortes de sons, d'absence d'air, de variations de température. Alors pourquoi un sixième passage ? L'elfe s'y installa en tailleur, attendant la nouvelle épreuve sans qu'aucun sentiment ne transparaisse sur son visage. A quelques mètres de là, son équipe était aux aguets.

Son corps réagit avant son esprit, et un indicible instant le poussa à se jeter contre la porte, de toute sa force, de toute son être. Mais il était faible et insignifiant en ce lieu. L'endroit était une sorte de générateur, c'était un fait. Et il en était la source d'énergie. Chaque parcelle du sas puisait dans sa force vitale, lui arrachait sa mana, insidieusement. Impossible pour lui de se défaire d'une telle emprise. Il se résigna et fit en sorte que le reste du groupe ne tente rien qui pût empirer la situation. Le Général se concentrait, essayant tant bien que mal de garder ce qui lui appartenait.

Le temps passait. Et le vampirisme technologique s'arrêta comme il avait débuté. En une fraction de seconde. L'ultime voyant clignota. La voie était libre. Libre pour un être vidé de sa mana. Voilà la raison de l'existence de ce parcours : tester et rendre inoffensif toute personne désirant accéder à la 'cuve'. Ou alors, en se basant sur l'existence originelle de combinaisons spécifiques, éviter que des intrus non autorisés ou non habilités ne puisse pénétrer l'enceinte profonde de ce laboratoire. Au loin, les autres ne pouvaient entendre ce qu'il se passait dans la salle de la cuve. Tout ce qui relevait des écrans, des hauts-parleurs et autres panneaux de contrôle avait été détruit, ou ne fonctionnait plus. Le vrombissement lancinant de l'unité central se perpétuait pourtant.

"Bon. On fait quoi ?"

"On t'envoie dans les sas histoire de rigoler un coup. Idiot. Il a dit 'ne pas bouger', donc on applique."

"Ouais, et pis s'il se passe un truc, on peut rien faire aussi ? Tu crains, Ileana, parfois faut savoir..."

"Accepter d'être confronté à des situations qu'on ne peut maîtriser. Personne ne quitte son poste, c'est bien clair ?"

Le Commandant avait ce don de calmer rapidement les ardeurs des deux gamins qu'étaient la jeune femme et son alter ego masculin. Tous deux s'enflammaient vite, souvent pour des causes qui leur tenaient à coeur. Ils manquaient néanmoins du recul suffisant pour être toujours opérationnels et efficaces. C'était en partie sur ces points que s'expliquait la différence de grade entre Cano et eux. Il secoua la tête, soupirant de dépit. Croiser le regard de Gillian et Omalora, tous deux très taciturnes, suffit à lui faire comprendre que tous trois échangeaient le même point de vue. Anselme, quant à lui, se tenait droit comme un 'i', prêt à réagir à la moindre sollicitation, les yeux rivés sur le Général. Un bon petit soldat, en soi. Un nouveau quoi.

*Tut-tut-tut-tut-tut*

L'unité centrale se mit soudainement en route, le vrombissement devenant insoutenable. Il emplissait tout l'espace clos, se répercutait contre les parois, et venait harceler les oreilles des Ëjids. Des lampes de couleurs différentes s'allumaient alternativement sur tout le tableau de bord, comme pour sonner l'alerte. Cano inspecta chacun de ses équipiers, recherchant la source du problème. Ce fut l'air terrifié d'Anselme qui lui fit penser à tourner la tête. Iswa n'en avait encore fait qu'à sa tête.
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MessageSujet: Re: [BEHMP] Col des Homoncules   Dim 15 Nov - 14:37

Spoiler:
 

La sirène hurlait à n'en plus pouvoir. C'en était tant que les Ëjids commençaient à sombrer dans une sorte de torpeur, au sein de laquelle le cri lancinant des hauts-parleurs encore en état dans tout le laboratoire n'était plus qu'un bourdon diffus, au-dessus duquel l'esprit viendrait porter un voile de douceur, comme pour oublier la souffrance. Les humains s'étaient assis, et Iswa, qui possédait pourtant une ouïe bien supérieure à celle de ses troupes, paraissait ne pas souffrir du désordre environnant. Des bulles de mana protégeaient ses tympans, en ayant durci la matière pour éviter qu'ils ne vibrent trop. Cette capacité à faire fusionner des cellules avec la mana pouvait ainsi être étendue à d'autres utilisation qu'une défense purement physique dans un rapport de force. Après tout, la subtilité était bien reconnue pour être davantage encore l'apanage des elfes. En réalité, tout résultait de son dernier geste, qu'en aucun cas il ne regrettait : devant la cuve, il avait repéré un point de contrôle, et de là partaient les câbles régissant l'ensemble. Il avait repéré un tuyau usé et métallique qui permettait le renouvellement du liquide vital dans le bloc de verre. D'un coup sec de sa lame, il avait tranché la durite d'évacuation, permettant au fluide de s'échapper, s'étalant à ses pieds dans une mare colorée poisseuse. Il s'avança vers la cuve, dont les capteurs encore intacts commençaient à s'affoler. Le processus de dépressurisation s'enclencha, les perfusions se défirent, et le corps descendit à la surface du liquide.

L'être était d'apparence humaine. Un individu masculin, inconscient, qui s'arrêta, recroquevillé dans l'espace à disposition entre les parois de verre. Le Général reprit son sabre et fendit tout un pan de la cloison, qui chuta lourdement au sol, dans un désagréable bruit de succion. Se glissant dans l'ouverture ainsi créée, il attrapa le sujet par le bras et le traîna hors du caisson. Autour de lui, tout semblait n'être que boules lumineuses et vacarme. Le son et lumière était un signal d'alarme qui venait de verrouiller les sas de sécurité passés par l'elfe. Il fit signe à son équipe de venir le chercher, et ceux-ci s'exécutèrent. Maintenant qu'ils avaient trouvé quelque chose, ils pouvaient avancer plus franchement, les armes en main. Les murs ne résistèrent pas bien longtemps à l'acharnement des Ëjids, et bientôt le Commandant s'agenouillait au côté de son supérieur.

"Que faisons-nous ?"

"C'est évident : nous le ramenons à Ithaf."

"Je... parlais du laboratoire en général. Et en ce qui concerne ce..."

"Individu. Appelons-le expérience, sujet, ou n'importe quoi. Nous ne connaissons pas encore sa nature. Que quelqu'un le porte jusqu'à la sortie, il est vivant, c'est un exploit après autant de temps."

"Bien, mon Général. Anselme !"

Le petit nouveau fut d'office désigné pour soutenir le corps inerte de leur découverte. Observant minutieusement l'ensemble de la pièce avant de sortir, ils durent se rendre à l'évidence : le matériel informatique présent les dépassait totalement. Omalora, plus érudit que les autres dans le domaine, réussit à retrouver des dossiers concernant "l'individu". De toute évidence, il était le dernier de toute un série d'expérience menées sur des être non-humains. Il y avait eu des monstres, de rares nains et elfes ayant comparu pour crimes, et surtout des Boëcays, ces créatures aux capacités psychiques hors normes. Lui n'avait pas de nom, pas d'identité, plus de passé, pas plus qu'il ne semblait avoir un futur. Les fichiers avaient été tout bonnement radiés du système il y avait de cela des années. Le laboratoire avait été parfaitement conçu, pour survivre sans pour autant délivrer ses secrets aux premiers venus. Il allait chercher dans d'autres répertoires quand un *Clong* sonore parvint à couvrir le bruit de l'alarme. Un autre le suivit quelques secondes plus tard. Omalora fit quelques signes à Calixte.

"Il dit qu'on va s'faire enfermer. Les portes se verrouillent une à une... On sort ?"

Tous s'élancèrent vers la sortie. Anselme peinait, en retrait, car il devait jouer le rôle de porte-faix. Filant dans le corridor qu'ils avaient emprunté à l'aller, il passèrent entre deux portes battantes qui claquèrent juste dans leur dos. Les suivantes manquèrent de laisser Gillian et le novice séparés de la tête du peloton. Déjà, ils voyaient le passage donnant sur l'ascenseur se clore. Iswa hâta l'allure et plongea en tendant les mains devant lui. Il avait remarqué que les portes n'avaient pas cédé aux assauts répétés des monstres, homoncules, et autres EGM. Il leur serait donc difficile de s'en sortir s'ils se retrouvaient enfermés. Un disque blanc apparut devant la main du général, cristallisant tout l'air sur un diamètre d'une cinquantaine de centimètres. Les portes butèrent dessus mais les moteurs continuèrent leur poussée, faisant fi des capteurs indiquant un obstacle. Le disque blanc commençait déjà à se fissurer que seul trois des Ëjids étaient passés. Gillian et Anselme, soutenant le "sujet", le firent glisser devant eux avant de se faufiler par l'ouverture. Le claquement métallique retentit à peine le pied du novice passé dans la cage d'ascenseur. Grave erreur. Ils étaient coincés.

"Les gars. Y a plus de courant ici. On fait com..."

"Ileana, ouvre la trappe. Omalora, tu passes en éclaireur. Cano et moi on fermera la marche derrière les autres. Des suggestions ? Alors vous empruntez tous l'échelle de secours qui va, à coup sûr, se trouver au-dessus de nous. On va gentiment remonter, et on avisera en ce qui concerne l'ouverture de la porte à l'étage supérieur. D'accord ?"

Tous acquiescèrent. De toutes façons, ils n'avaient pas le choix : c'était obéir ou rester cloîtré dans un espace confiné où ils ne tarderaient pas à se trouver à l'étroit. La jeune femme, féline, repoussa le panneau dans le plafond et sortit de l'ascenseur. De là, elle aida tout le monde à grimper, soutenant le corps encore inconscient de leur 'trouvaille'. Omalora prit la tête de l'expédition, suivi d'Ileana et Calixte. Venaient ensuite les deux porteurs, qui jouaient des pieds et des mains pour ne pas perdre l'équilibre, et les deux supérieurs en queue de groupe. Ils avançaient lentement, et chaque grincement de l'échelle les contraignait à s'arrêter pour vérifier qu'ils ne risquaient rien. Décidément, ils auraient passer une grande partie de leur journée à se balader sur des échelles. Et ce n'était pas encore terminé.

Atteignant le niveau supérieur, ils purent regarder avec une joie non dissimulée l'absence de portes leur obstruant le passage. Apparemment, seul le niveau inférieur avait été condamné. Ils rejoignirent donc la sortie au pas de course. Les battants ne crissaient pas dans leur dos, ne risquaient pas de leur arracher des membres en se fermant brusquement sur leur passage, pas plus que la sirène d'alarme, dont on percevait à peine l'écho, provenant de bien des mètres plus bas. Seuls quelques voyants continuaient d'indiquer l'état d'alerte du bâtiment, sans plus. Le groupe arriva face à la première échelle qu'ils avaient empruntée, celle-là même qui inspirait le moins confiance à tous. Iswa redonna l'ordre de passage et ils progressèrent sans broncher. Une fois de plus, ils vouaient au Général une confiance absolue, et quand bien même Calixte reprochait à Ileana de lui cacher toute perspective de son, soit-disant, imposant physique, ce n'était que pour essayer de détendre une atmosphère bien plus tendue qu'à l'accoutumée.

---


*Tin'* *Tin'*

Omalora frappait doucement sur les barreaux métalliques, indiquant aux autres qu'enfin il apercevait la sortie. Souplement, il se tira hors du gouffre. La lumière du soleil filtrait par l'ouverture circulaire, jouant avec le cerclage métallique de l'ouverture. Cano prit le relai avec l'elfe lumineux et ils portèrent le corps du "sujet" à l'extérieur, l'allongeant doucement sur le sol. Il n'avait pas paru prendre conscience de tout ce qui s'était déroulé, mais le passage d'un éclairage artificiel, à une zone d'ombre puis à une luminosité naturelle parut avoir l'efficacité d'un coup de feu dans son esprit. Ses grands yeux gris s'ouvrirent brusquement et il se redressa, inspirant comme si il retenait son souffle depuis des années. Une onde de mana s'échappa de son corps et tous les Ëjids sentirent ce même grésillement s'insinuait dans leurs pensées. Fermant les yeux, ils se concentrèrent, habitués à toutes sortes de petits travaux d'occlumancie. L'être s'évanouit de nouveau.

"C'est un stigmatisé."

La sentence était irrévocable. Le couperet était tombé, et le ton d'Iswa était d'un froid sans pareil. Un pesant silence s'installa. Tous connaissaient la haine qu'éprouvait le Général vis-à-vis de ces êtres, différents. Ils étaient responsables de la mort de membres de sa famille et de la disparition de plusieurs membres de ses anciennes équipes. Les Ëjids s'écartèrent. Par précaution. L'elfe fixait intensément le corps. Son souffle s'était accéléré. Ses poings s'étaient crispés. Il se leva. Le devoir primait.

"On l'emmène. En avant."

Ils n'auraient pas de pause avant d'arriver au campement, c'était une certitude.

- Suite durant l'Entrevue. -


[RP au "Col des Homoncules" terminé - Lieu libre]
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