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 Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse

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Dhanaë
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MessageSujet: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Dim 1 Nov - 2:32

La cape, longue, couverte d’un manteau de neige poudreuse et de givre cristallisant de petits flocon sur la toile du tissus crépitait sous les doigts de la nuit qui régnait sur le lieu en cette heure. La capuche baissée sur le visage fin d’une femme aux traits purs et élégants si caractéristiques aux gens de sa mesure, donnait à cette venimeuse prédatrice un côté mystérieux qui la rendait attractive. Sa main se crispant sur la précieuse étoffe elfique, on pouvait voir, même au travers de cette nuit noire, illuminée de la transparence des glaces, les pierreries qui ornaient prestigieusement ceux qui avait l’immense honneur de vêtir ses poignets frêles et ses doigts agiles… Bien qu’en général, l’honneur soit à celui qui lui retire chaque parcelle de ses vêtements déjà très discrets. Le ciel laissait scintillait de petites perles de culture d’un éclat semblable à la beauté de la mangeuse d’homme, dommage que cette luminosité donne l’impression que sa peau bleutée s’incruste de paillettes, comme les rayons de soleil sur un lagon turquoise. Tout semblait la rendre belle… Malgré ça, quelque chose faisait tâche sur ce tableau d’harmonie. Une fausse note sur un solfège rigoureux. La triste silhouette glissait le long de l’inconnu, prise entre les minutes de patience qui la dévorait d’une pulsion ravageuse… Elle était faite pour agir, et non s’immoler d’une inutilité, elle, Dhanaë. Autrefois la fleur parfumée de l’innocence, elle était aujourd’hui le fruit juteux et défendu du pêché, chair fraiche et sucrée de l’imprésentable aux autels divins. Tout l’accable : le Marteau sentencieux, le Divin, se doit de la condamner pour ses crimes et ses excès. Elle s’en moquait. Tout ce qu’elle voulait, c’était voir l’arc bouté de la Lune qui se teinte au crépuscule.


« Il n’y a parmi ce bas monde que d’avides vautours qui planent au dessus des desseins infâmes. C’est drôle, quelqu’un comme moi, qui a tendu son âme entre les piliers nommés Raison et Folie pour mieux pouvoir l’écarteler, se permet de juger de ses milles mots les joies qui sont synonymes pour beaucoup de chaos. J’aimerai comprendre par quel verdict a-t-on pu autoriser ma maudite descente… Mais l’infamie est ma raison, et l’abandon de cette jouissive liberté serait une folie. »



Il n’y avait cette fois aucune flèche dorée qui perforait le siècle, on se contentait du vacarme du désastre et de la sueur des vendues. Maintenant, ce qu’elle voulait, c’était une parenthèse. Une parenthèse qu’elle imposerait comme un saint message, une tendre poésie. Il n’y avait en elle plus un pétale, plus un reste de sa simplicité, non, elle gorgeait d’une pulpe additive qui s’immisçait dans chacune des cellules de son dépendant. Elle se voulait ainsi, nécessaire et indomptable, nécessaire, mais fatale.
Si ici c’étaient arrêtés les sabliers d’or du Temps, si ici c’étaient tordues les aiguilles des cadrans, c’était pour préserver ses secondes de recueillement, pour parfaire cette détresse illusoire, qui se glissait chaque fois, et ce du début, jusqu’au trépas, dans les nuits qui restaient blanches de la dame aux oreilles pointues.



« Dans ce soupir, dans cet ultime effort, je me recueille, picorée par un langoureux doute, qui en plus de me tenir en émoi, me fait vibrer d’une once de malaise, et d’inconnu. Parfois je me demande pourquoi je suis là, centaines d’autres pourraient jouer comme je le fais, ou remplir les contrats mieux que moi. Ne suis-je finalement pas si nécessaire ? Dans ce cas, je retirerais à tout être chaque chose précieuse à ses yeux, je m’insérerais dans leur vie, et détruirais chaque molécule de ce qui pourrait me séparer de mon objectif. Vous serez miens… »



Un corbeau croassa, apprivoisant le paysage de sa funeste mélodie...


Dernière édition par Dhanaë le Dim 1 Nov - 16:13, édité 2 fois
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Azariel
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Dim 1 Nov - 13:36

" Élégiaque et sulfureuse, extravagante et charmante, inamicale et attrayante. Un visage embué, suintant péniblement toute la tristesse du monde. Des quatre humeurs cardinales de l'antiquité, je te louerai l'atrabile. "

Une fine silhouette venait d'apparaître, quelques mètres dans le dos de cette fleur, devenue venimeuse. Son pas était nonchalant, mais d'une régularité qui imprimait sur le sol de cette forêt, toute la sérénité dont Sued l'avait doté. Le jeune homme était impassible, l'expression de son visage figée dans une glace insipide et menaçante. Des idées derrière la tête, envahissant son esprit, dessinant sur son visage une méprise et une maîtrise terriblement frissonnantes. Wingel, de son nom divin, venait perturber l'oraison interrogative de la belle elfe. Il en avait parcouru des kilomètres sur son continent pour trouver enfin cette source de mana divin. Rares étaient les Sephiroth qui laissaient autant de mana pure émaner de leur corps sans la camoufler, la brider, la transformer... C'était l'une d'entre-eux, et elle errait sur Digmard.

" Ton aura m'apparaît tumultueuse, Sephiroth, tes origines aux antipodes de ta position actuelle. Puis-je savoir ce qui me vaut l'honneur de cette céleste présence sur mon continent ? "

Théran était l'un de ses jeunes hommes que la curiosité qualifiait le mieux. Toujours à exiger des réponses, sa paranoïa en érigeant immédiatement de nouvelles questions, il était dans un cercle vicieux qui repoussait chaque jour les limites de son génie... Cette rencontre au même titre que beaucoup d'autres était en premier lieu un simple jeu de cour d'école, à qui ôterait le plus vite le voile de l'autre. Et pour celui qui incarne la théocratie Ithafan, marionnettiste de tous les croyants de ce monde, c'était une simple promenade de santé. La demoiselle semblait chamboulée, sa vie un théâtre que la tragédie avait frappé de ses lames d'orfèvre. Wingel, c'est la vie qui le suppliait de traiter avec délicatesse les milliers de marionnettes de son cinéma céleste.

Il était seul, désormais en face d'elle, à une petite dizaine de mètres. Toujours la même parure blanche aux broderies dorées, toujours cette longue écharpe de soie quelque soit la température extérieure. C'est l'une des faculté des monstres : ils sont de sang froid. Wingel avait laissé sa coiffe dans le carrosse qui l'avait amené jusque dans le nord, il était les cheveux au vent, légèrement plus grand que son interlocutrice. La brise, qui soufflait dans son dos, s'était tue, plus rien n'interfèrerai avec cette entrevue. Trois issues possibles, trois réponses possibles, et sur ces trois voies des dizaines de coups d'avance pour le Suedel. Il l'avait retrouvée elle était prise au piège :
- un, la vie en être de Sued, au service de Wingel.
- deux, la mort.
- trois, la vie, en être frappé par la tragédie du ciel.
Un Suedel qui lui hôte le seul bien qui la ronge encore, cette bénédiction céleste, le seul pouvoir qui pourrait lui permettre d'apprécier ce monde, quel qu'en soit la manière. Dans tous les cas, il tuera une partie d'elle pour s'approprier directement ou non, son avenir :
- un, sa liberté et ses questions.
- deux, son existence parmi les vivants.
- trois, son âme et son espoir.
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Dhanaë
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Dim 1 Nov - 18:01

Dans les volutes de la noirceur, la jeune femme restait de glace. Contrairement à certains, elle avait le sang chaud, un liquide bouillant d’une rougeur vive. Les tumultes régnaient, mais elle, elle était impassible, malgré le doute. Tout semblait si futile face à la spirale de l’Eternel. Sa main posée précédemment sur sa capuche descendit lentement, pour caresser ses lèvres qui affichèrent un rictus entre sadique et joie. Il y avait quelqu’un, là, pour troubler sa méditation nocturne. Un opportun qui s’appropriait ce rare moment de réflexion sans intention de Dhanaë. Que cherchait-il ? Sa voix résonnait dans un écho entre mauvaise intension et sagesse profonde… Elle ne se sentait pas en sécurité, néanmoins, elle sentait l’excitation qui la gagnait. Le danger, c’était un contexte particulier qui lui était cher. Elle aimait jouer avec le risque, elle, ce poison tenace.


« En effet, il y a honneur à me recevoir en un quelconque endroit, mais il n’y a nulle réponse qui puisse assouvir vos questions à venir. Je me demande ce qui a bien pu vous autoriser à m’adresser la parole. C’est un privilège d’entendre ma voix, le savez-vous ? Vous pouvez m’avoir une utilité, ou êtes-vous là simplement pour converser sur les infimes détails de votre dit continent ? »


D’un geste ferme, elle laissa tomber sa main dans le vide, gardant son visage voilé par l’ombre de son costume. Jusqu’à présent, cette cape givrée cachait son imprudente beauté, mais le vent semblait vouloir l’ennuyer. Une brise fraiche, comme elle les aimait s’immisça dans la fente du tissus et le fit voler, l’apposant derrière les épaules de sa propriétaire. Ainsi révélant les formes généreuses de la gracieuse elfe, le bleuté de sa peau scintillait comme les astres. Elle laissa glisser un soupir qui se porta sur son cou vêtu d’un collier particulier. Ses pupilles interrogatives se posèrent sur le corps de l’homme qui lui apposait un regard sentencieux. Dans un frisson qui lui parcouru l’échine, ce désir de fréquenter le danger la reprit. Elle fit un pas, puis deux, traversa les dix mètres qui la séparait de cet inconnu curieux. La nuit l’enrobait de sa robe lactée, la préservait dans l’anonymat, mais elle faisait de même avec cette hôte. Dans une voix envoûtante, elle déclara sur un timbre frais.

« Sur le mur de la sagesse, j’y ai gravé ces trois mots : délectation, substitution, machination. Et sur les murs des intolérances, j’y ai gravé mon âme, vendu mes rêves et troqué mes croyances. Sur les draps des insouciances, se noient dans le pourpre les délices des plaisirs. Je ne parviens à cerner ce que vous pouvez chercher ici bas. »



Elle n’était pas très scolaire, pour elle, les questions n’étaient pas faites pour trouver des réponses, mais plutôt à mener une réflexion qui est, elle, vitale. C’était ainsi, femme fatale au désir de liberté, et aux vouloirs de chaines à ses poignets, celles qui la tenaient à ses proies.
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Azariel
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Dim 1 Nov - 19:57

Elle s'approchait. Plus aucun doute, c'était bien une Sephiroth, et mieux encore, c'était la sienne. Elle faisait pour l'instant un sans faute. Mais... Il n'existe ni de choix facile ni de véritables aubaines offertes.

" Tous les privilèges de ce monde, je les offre ; aucun ne peut alors, demeurer hors de ma portée. Les causes de ton chagrin sont mes torts, et je ne recherche que la bonne voie. Celle de la justice et justesse, celle de l'équilibre.

Malheureusement... Sephiroth, tu me déçois. "


Sa main s'ouvrit sur deux pétales, un noire, un blanc. Sa main se referma, et ils disparurent. Son visage se tu alors, et tel les prémices de la mort, il toucha l'inerte. Ses yeux fermés, abandonnés dans une vague noire d'intense concentration, son esprit vidait son corps. Tout autour de la jeune elfe, plus rien ne bougeait, tout semblait aspiré par l'âme en pause qui la surplombait de quelques centimètres. En lui, c'était le chaos, plus rien ne savait tirer partie de l'anarchie qui l'investissait, à l'instant présent, rien n'était plus fort que son ego. Si un sentiment humain l'avait bel et bien touché, bien plus encore que tous les autres, c'était la colère. Une colère qu'il réprimait par des offrandes toujours plus arbitraires et imméritées... Un équilibre universel pour le chaos éternel, une utopie dans laquelle il se plongerait volontiers comme gardien des idéaux et de l'espoir, unique idole d'un peuple qui par sa voix suivrait la perversion de ses desseins.

" A qui pensais-tu t'adresser ? A qui ces pas viennent-ils se mesurer ? " Son flot de parole se faisait plus rapide, plus soudain et ses propos toujours plus appuyé. Son visage se tordait de douleur, la sensation de se sentir mépriser par un être qui lui doit soumission et reconnaissance éternelle.
" As-tu seulement idée de ce que je suis ?
Quelle maladresse... Recule ! "


Une délicate vague de mana, délicate mais puissante, rapide et implacable emmena doucement, jusqu'à déposer, Dhanaë, quelques mètres derrière. Une petite vague de poussière de neige voleta, laissant retomber avec elle les scintillements des éclats de flocons brisés. Dans cette brume violacée et pailletée, le Suedel s'immisça. Sa main il posa sur son visage, le recouvrant tout entier. Sous les ombres de ses doigts effilés, un visage décrépi, encore sous le joug de ses effluves chaotiques, des fondements même de son équilibre, aux antipodes critiques de sa nature humaine émergente.

Ils étaient désormais à deux mètres l'un de l'autre, le Suedel debout, et la Sephiroth légèrement désarçonnée.
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Dhanaë
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Mar 3 Nov - 12:15

Il n’y avait là aucune méprise, Dhanaë aimait jouer avec le feu, et elle ne le cacherait aux yeux du monde pour rien, rien ne lui gâcherait ce plaisir, la mise en péril, c’est une chose si prenante. Ce qu’elle appréciait particulièrement, c’est lorsque son estomac se noue à en rendre malade un casse-tête chinois, quand l’envie de vibrer, de trembler comme une feuille se fait sentir, mais que rien n’apparait. C’est cette tromperie qui lui plait. Cette pâle imitation de la peur, elle qui s’était fiancée à la vie traquée. Il l’avait reculé. Depuis quand un mâle osait lui tenir tête ? Même un cœur pur et amoureux ne parvenait à lui résister bien longtemps, alors quant était-il de cet inconnu ? La prédatrice qui était pourtant proie dans ce petit jeu recula d’un pas, peut être deux, et se dressa face à cet être suprême. Ses yeux, sans dénoter une once d’hésitation, se plongèrent dans ceux de cet étranger, comme le défiant, à une seule différence près, son sourire invitant à la dégustation.

D’un soupçon givré, les effluves de sa voix vinrent se frotter au corps fin de celui-là.
« Sephiroth ? Vous faites erreur, je ne réponds qu’à la désignation d’Absynth. Il parait que les esprits se perdent après m’avoir croisé dans leur chemin… Coïncidence ? Qui sait, je préfère ne pas me poser la question et profiter des corps qui me sont offerts… Pourquoi pensez-vous toujours que c’est la femme qui se voit soumise ? Vous m’amusez très cher… »

Puis, en faisant valser ses cheveux dans les courants ventilés et les vagues douces de mana, elle tourna les talons et commença à quitter les lieux, laisse sur place l’homme qui semblait contrarié. Tout en s’éloignant, elle continua ses provocations intempestives.


« L’équilibre n’est fixé que par un regard totalement externe à la raison. La justesse ne peut existe sans faute non ? De même pour la justice, elle n’existe pas sans injustice. Comment pouvez-vous prôner une notion abstraite irréalisable ? Seul les arrogants peuvent se le permettre… Avez-vous cette prétention ? Il m’amuse de montrer que tout échappe à tout homme, il est impossible de posséder ce que l’on désir, sauf si ce plaisir nous mets en péril… »

Puis elle se retira, se dirigeant vers un lac gelé, endroit que son cœur avait lié indirectement avec son changement d’état interne. Sans surveillé son inconnu, elle ne suffisait des caresses du mana mélangeant puissance et douceur. Elle se doutait que ça ne cesserait pas ainsi.


« Quelle impression cela fait de savoir que ce que l’on veut plus que tout nous fuis, nous repousse ? Quand nos principes s’écroulent et nos vies se voient briser, il faut changer. Quelle impression cela fait de se voir bouleversé par une infime personne qui ne sert pas à grand-chose. Mais qui se veut nécessaire… » A mi-voix, pour elle seule, elle murmura dans sa tirade… « Un jour je le serais, on ne se passera plus de moi… »
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Mar 3 Nov - 17:52

Il se mit à rire. Rire encore, plus fort, plus grave plus sourd et tellement arrogamment. La tête enfermée dans les mains, des sarcasmes sifflant aux oreilles de la Sephiroth, une méprise infinie résonnant dans le bosquet tout entier. C'était diabolique, tétanique et terriblement hautain. Sa seconde main s'écroula, la première recouvrant son sourire machiavélique. Il ne faisait plus que siffler, quelques rictus amusés s'immisçant encore sur le portrait d'un futur autocrate sordide. Il découvrit son visage, et avançait lentement, à l'instar de sa rhétorique qui elle, à l'image de son discours filait à cent à l'heure et annihilait toutes présomptions inopportunes chez son interlocutrice.

" Toutes les vies que ce monde voit se briser, j'en suis le précurseur.
Il n'est rien qui se refuse à moi, pas même une femme éberluée, incapable de reconnaître ce qu'elle a en face des yeux.
Il n'est question ni de sexe ni de race... Ce monde entier m'est soumis !

Je ne suis point raisonnable, et c'est peut-être la seule de tes conjonctions qui caresse la vérité. Mais j'incarne l'Équilibre. Moi, Wingel, le Suedel de la Tempérance divine !!

Tout ce qui, en ce monde t'apparaît comme abstrait, est une confusion que je me vois obligé de vous inculquer. Sans celle-ci, votre civilisation courrait de nouveau à la perdition, l'anarchie et l'anéantissement divin frapperait de nouveau.
Les Sephiroth ont essayé, autrefois, de sauver Sa sainte Terra... Ce fut un échec cuisant pour l'Asgard toute entière. Aujourd'hui, Moi, Suedel, ferait de ce monde une terre propice à l'évolution ; et la justice, l'équilibre y seront absolus, plus encore que dans mon esprit à la neutralité émotionnelle digne d'une peinture.

J'incarne ce qu'il manque à ce monde. Je suis les réponses à tes questions. Adresse toi à moi encore une seule fois de cette façon et c'est ton âme que j'envoie terrer les profondeurs de l'au-delà. "


Arrivé à quelques centimètres de son visage, alors qu'il penchait la tête pour soutenir son regard amusé, il ferma les yeux un court instant. Une incommensurable quantité de mana s'empara alors de tout son flan gauche. Sa peau se mit à brunir, un brouillard dense à les entourer, son visage se coupa en deux, d'un côté un démon, de l'autre le diable incarné. D'un geste imperceptible il attrapa la Sephiroth à la gorge et la souleva de ce sol si pur. Il venait d'entrer dans ce qu'il appelait : Sa Dualité divine. Le corps toujours aussi droit et décontracté, il développait une force ahurissante, la Sephiroth sentait les premiers cris aigües des âmes endolories des enfers envahir son esprit en proie à la pire sulfure, l'incurable maladie qu'était la mana, lorsqu'elle était aussi pur et pénétrait votre corps sans se soucier de la personne que vous êtes : seulement un amas de terre indigne de porter un pouvoir aussi pur et divin.
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Dhanaë
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Mar 3 Nov - 19:55

Un long moment de silence, un silence presque pesant qui laissa poindre son bout de nez. Dhanaë n’était pas naïve, loin de là, elle sentait venir le danger, mais cette sensation-là, elle la tient en vie. Paradoxalement, cette mise en danger est pour elle la seule façon de se maintenir au saint de ces continents. La proie, à cette heure, s’arrêta. Elle abritait une certaine fierté qui l’empêchait de s’enfuir. La dame de glace avait à assumer le brasier de ses provocations, et elle fit demi-tour et se dressa, de son mètre soixante-quinze face à ce diable qui se trouvait déjà contre elle. Cette métamorphose qui se fit soudainement ne l’effraya pas. De même, lorsqu’il empoigna sa gorge, un frisson lui parcourut l’échine. D’après elle, elle ne risquait rien. Ce Suedel était aussi étrange qu’elle… Au moment où son étreinte attrapa cette partie de son corps, liaison entre sa raison et ses éléments de folie, elle le fixa dans les yeux pour lui adressa un sourire. Etrange réaction que d’agir ainsi à une agression. Des cris strident vinrent s’éprendre dans le creux de sa tête, heurtaient le peu de raison qu’il restait à cet esprit vague. Ses yeux se clos, la douleur était insupportable, cet écho qui s’immisçait dans son crâne, qui lui donnait l’impression d’exploser. Les yeux clos, mais elle conserva ce sourire, qui pour une fois, n’avait rien de sadique. Il fallait que cela cesse. L’emprise de la main démoniaque lui coupait la respiration, et ce boucan qui ne savait se taire. Ces cris étaient-ils vraiment externe à son être, ou était-ce ses douleurs sur lesquelles on appuyait chaque jour ? Le doute posa son empire dans sa cervelle si bien qu’elle n’écoutait plus les complaintes ténébreuses qui hurlaient. Son sourire ne disparaissait pas… Peu à peu, la fleur se laissa flétrir… Avec difficulté, comme si cette sentence lui arrachait la parole et qu’elle y résistait, elle susurra quelques mots, ouvrant à moitié ses yeux violacés…

« Plus le temps passe… Plus ma bouche devient une cicatrice que j’ouvre à chaque fois que me ronge ce dont tu souffres… Me laissant à un pas du gouffre… »


Un soupir coula de ses lèvres et s’en suivit un nouveau silence, malgré tout ce bruit. Le seul bruit qu’elle pouvait ouïr, c’était le vacarme de sa dégringolade dans l’inconscience… La perte totale de toute son existence… Elle ne saurait témoigner de ce qui s’est passé à cet instant. La soudaine liberté de respirer lui infligea comme une claque, et elle sentit son corps s’affaler sur le sol arctique. A nouveau un silence incessant dans sa tête. Pourquoi donc cette absence de tout vie ? Où était-elle… Le temps passa, mais qui pouvait savoir combien ? Elle l’ignorait… Un souffle frais glissa sur sa nuque et la sortit de cet état second. Sa main qui aurait voulu trembler, pour donner un semblant de normalité à cette elfe, se crispa, s’agrippant dans la froideur de la neige. Peu à peu, son sourire revint nourrir son visage, avant même que ses yeux ne daignent renouer avec les lumières nocturnes. Ses pupilles se laissèrent voir… Et ne se souvenant plus de tout, Dhanaë se releva d’un coup, sur ses gardes, regardant dans toutes les directions, alerte. Comme tout elfe, elle avait la capacité de voir la nuit aussi bien que le jour, elle était nyctalope, mais ce qui la paniqua, c’est de ne rien voir. Le noir total. La peur de la cécité lui serra l’estomac, et elle se laissa tomber à genoux.

« Je ne peux comprendre de façon rationnelle la moindre chose, car ce que je nourris le plus, c’est la déraison. J’aimerai crucifier le monde rien que pour l’ivresse d’un regard pur, et comprendre ce que je cherche depuis tant d’années, puisque tout m’a été retiré. Si tu es encore là, toi qui a les réponses, en as-tu pour moi ? Je n’en veux pas. Tout ce que je désire, c’est quelqu’un à la mesure de ma folie, quelqu’un qui ferait ce que je pourrais faire pour lui… »


Était-ce la peur ? Était-ce la sécurité ? Quelque chose la fit tressaillir. Mais n’étant pas totalement remise de ce qu’y s’était passé, la vue ne lui revenait pas. Toujours fière malgré tout, elle se redressa, toujours sur ses talons. L’obscure perte d’envie de provoquer les conflits qui vint est sans doute ce qui lui fait le plus mal. Elle ne cesserait pas de ce battre… Pas pour si peu…
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Azariel
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Mer 4 Nov - 20:42

Wingel la laissa là, affalée parterre. Fier de lui, l'attitude hautaine, il lâcha un long soupire de déception. Sa langue, flirtant avec ses dents, siffla un son plein de dédain et d'insatisfaction. Il hésita à lui tendre la main, et au terme d'un mouvement incertain, il la fourra dans la poche de sa tunique.

" Hum...

La raison des simples êtres de sang et de chair, n'est qu'abstraite. Encore heureux que tu ne te sois rabaissée à leur vision du rationnel. "


Le Suedel commença à faire marche arrière à retourner vers son carrosse, son pas était des plus simples, vide d'hésitation ou d'un sentiment quelconque. Ses deux bras, collés le long de son corps, s'enroulaient autour de son écharpe de soie et d'or ; ses mains plongeant dans des poches profondes et parfaitement taillées pour ses doigts raffinés. Il remit une mèche de ses cheveux bruns aux reflets bleutés, en donnant un petit coup de nuque, comme pour rappeler à la Sephiroth qu'à ses yeux tout ça n'avait aucune importance. Il était au-dessus des misères d'un seul être, divin ou non. Il retrouva rapidement son escorte. La première à l'interpeler fut Laÿna.

" Tout va bien ? Tu m'as fait peur. "

Wingel la regarda, un sourire transcenda son visage. Sa mine évasive et perdue dans une profonde réflexion s'était éteinte pour ne laisser que l'habituelle et bientôt légendaire humeur neutre du Suedel. Les épaules rehaussées, la tête levée vers les nuages, et le sourire lace de son visage endolori, il attrapa Laÿna sous son bras, posant sa tête contre son pectoral et son son coude sous sa nuque.

" Tout ira bien. Il n'y a pas de raison d'avoir peur. Tant que je ne t'appelle pas, c'est que je vais bien. C'est gentil de ta part, de te soucier de moi. J'en ai besoin, je crois. "

Toute cette soumission, cette haine, cette idolâtrie, cette rancœur, cette flatterie sans demi-mesure, ni demi-mots... Et ce côté humain qui chaque jour le gagnait. Il avait besoin de réconfort, d'amour et de reconnaissance pour ce qu'il était réellement, sous cette cape au pouvoir immense et à l'égo démesuré. Il colla sa tête contre la sienne, et le regard interrogateur mais habitué de sa toute première Sephiroth eut le dont de chasser les fantômes néfastes qui l'envahissaient à chaque pied qu'il mettait dans les abysses de ce monde.

" Oui, elle va nous rejoindre. "

La mine de la Sephiroth fondit dans une neutralité et une méprise presque audible. Wingel eut un grand sourire et lui frotta le dessus de son crâne, ébouriffant tout ses cheveux déjà bien bazardés.

Derrière eux, les bruits des feuilles froissées par une démarche titubante les mirent aux aguets.
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Dhanaë
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Sam 7 Nov - 11:58

La jeune femme, posée les fesses sur les talons dans la poudre blanc et la glace, avait joins ses mains au sol et sa tête regardait la blancheur maculée. Les cheveux ondines qui couvraient son visage, on ne voyait d’elle que sa chevelure et son corps ainsi posé. Concentrée, peut être absente, elle ne semblait plus bouger, absorbée. Un crissement se fit entendre… Il s’en suivit un cliquetis cristallin, et un bruit sourd.
Du côté du carrosse divin, la démarche titubante continuait de s’approcher, lentement et lourdement. Un rugissement comme venu du fin fond des abysses se fit entendre, il continuait de s’approchait, lentement et lourdement. A nouveau un silence, long, angoissant.
Dhanaë ne bougeait pas. Le poing serré, elle écoutait d’où venait le bruit, sa vue revenait peu à peu.
Un ronflement près de la toile fine, un respiration forte et haletante qui produisait un souffle chaud, traversa les parois du moyen de locomotion du jeun arrogant. Un susurre se fit entendre, et la créature, rampante, sembla suivie. Grand, imposant, le clan Shiva vint, réveillé de leur sommeil, suite à la décharge de mana qui avait réussi à fait vibrer l’eau du lac, le déshabillant de son manteau rigide. Mi-homme, mi-serpent, l’être imposant était d’un grandeur incroyable, il devait faire environ trois mètres. Ses bras puissants couverts d’écailles et d’épines empoisonnées se raidirent et ses poings fermés s’entrechoquèrent. Une vibration vint secouer le sol…
De son côté, l’elfe avait retrouvé la totalité de ses facultés, assise sur l’épaule d’une montagne de givre, scrutant l’horizon et le déroulement des opérations. Pas un mot, pas un soupir, elle regardait, examinatrice. Elle sentit dans son dos un frisson d ‘appréhension, et lorsqu’elle décida de se retourner, son sourcil se souleva sous l’étonnement. Elle voyait sortir du lac autrefois figé de l’éternité, les serpents marins glissaient, dressant leur torse humain, les lances aux mains et autres hostilités. Ce qui la fit néanmoins tressaillir, se fut d’entre-apercevoir la femme-serpent dont le cheveux sifflaient tels un serpent à sonnette…


« Je croyais que c’était une légende… » Sa voix semblait autrement plus surprise que lors de sa rencontre avec le Suedel. « Il faudrait peut-être que je fasse quelque chose. » Sur ses mots, finalement plein de raison, elle fit glisser de son épaule la corde de son arc. Chose étrange que ce réflexe, mais n’est pas elfe qui le souhaite. Attrapant une flèche de glace du bout des doigts, elle tendit la corde et l’envoya avec finesse droit sur le carrosse. Non loin l’envie de blesser le prétentieux Wingel, néanmoins, elle ne pensait pas que le code musical elfique à la flûte lui soit familier, mieux vaudrait qu’il réagisse.
La serpentine glissait, progressait à grande vitesse vers celui qui l’avait réveillé.
« Je doute que leur libération soit une bonne chose pour le continent. Ils ne devaient pas être là pour rien. »
La masse qui lui servait d’assise se releva, sa taille se doubla, et dans une lenteur caractéristique, et se dirigea vers sa majesté présomptueux. Ses pieds trainaient, mais le bruit fort que dégageaient chacun de ses pas, devrait alerter le Suedel. L’arc en main, Dhanaë se leva, un pieds sur chacune des épaules de marbre blanc de son serviteur.
Elle était là, dominant la contrée qui caressait l’envahisseur d’un bise fraiche. Les naga s’avançaient, conquérants. Dhanaë, les yeux levés vers le ciel tendit son bras vers le ciel, inscrivant son arc dans le cercle lunaire, et annonça avec un sourire aux lèvres.
« Il est temps de s’amuser un peu, autrement que charnellement. Dommage que tu n’aies pas d’âme, tu t’amuserais à les aplatir. »

Elle sentait sur ses épaules le regard de Wingel, et se demandait si cette action était volontaire. Mais après avoir aperçu son visage, elle remarqua que sa neutralité, ce qui était franchement décevant, cette absence de réactivité. La jeune compétitive remarqua aussi une présence féminine… Ses doigts resserrèrent leur emprise. Aucune rivale, aucune autre n’aura la chance de la concurrencer. Quitte à se damner, elle condamnerait les impies. Sa main prit possession d’une flèche et l’installa confortablement contre sa corde, cette dernière tirée par son doigt en direction cette chose gênante. Mais une voix l’en empêcha… C’est après avoir laisser filer un grognement sauvage, l’archère lâcha la corde sur une autre cible, le naga qui était trop près du carrosse. Un cri perçant, strident s’échappa du corps de l’immonde bestiole. Pendant ce temps, le golem n’avait cessé de s’avancer, elle était à quelque pas de la créature qu’elle avait blessé. Se tenant dos au Suedel, face au lac qui grouillait de ses aberrations, la suflureuse femme lâcha.

« Sa majesté se donnerait-elle la peine de sortir ? Ou aurait-elle peur de froisser sa tenue ? Si la justice est ton mot préféré, répare les erreurs que tu as commises sans chercher d’excuses. » Pour le coup, la voix de la belle femme se voulait impartial, mais neutre. Il ne suffisait pas de la rouler sur le sol et la ruer de coups pour qu’elle s’incline, peste qu’elle était. Dégoût, dédain, elle réutilisait les procédés de son maitre…
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Laÿna
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Dim 8 Nov - 10:48

 « Oui, elle va nous rejoindre. »

Cette dernière phrase résonnait en écho dans l'esprit de la fidèle Sephiroth, y semant le trouble au passage... « Nous rejoindre »? Qu'entendait-il par là? Rejoindre simplement l'ordre, ou... Non, c'était impossible! Pas après l'insolence délibérée dont cette femme avait fait preuve. Car rien n'échappait jamais à l'ouïe infaillible de Laÿna. Jamais.
Jamais, excepté peut-être dans des circonstances comme celle-ci... En effet, le mouvement que le Suedel amorça soudainement pour se redresser la sortie de ses songes. C'est alors qu'elle pris conscience de la présence de la multitude d'êtres rampants qui les encerclait. Elle s'avança machinalement pour venir se placer devant son maître, dans une attitude protectrice inutile au vu de la modeste dangerosité de la situation. À l'évidence, les pouvoirs dont la Providence l'avait pourvu auraient promptement eu raison de ces créatures.
Mais qu'importe, elle était prête pour le combat qui s'engageait.
En portant son regard en direction du lac d'où les reptiles chimériques semblaient avoir été libérés, elle pu enfin avoir une représentation visuelle de l'hérétique qui avait retenu Wingel si longtemps. Laÿna se voyait contrainte de reconnaître que c'était le genre de femme que l'on pouvait qualifier de désirable. Il était d'ailleurs probable que ce soit ce physique, agaçant pour ses hormones féminines , qui fit de cette seconde impression sur la jeune femme une seconde source d'animosité envers elle. Lorsque son regard, dont elle ne prit même pas la peine d'essayer de masquer le dégoût, croisa celui de la femme au Golem, elle fut frappée des sentiments haineux qu'ils trahissaient. Il semblerait que celle-ci, qui armait à présent son arc, tendu dans sa direction, ait choisit l'affrontement. Un rictus amusé se dessina sur le visage de Laÿna. Si elle tenait si peu à la vie que Sued lui avait offerte, qu'elle lance l'offensive... La Sephiroth attendait avec impatience l'occasion de calmer son arrogance.
Finalement, l'impertinente daigna changer de cible et adopter un comportement plus approprié à la situation. Cependant, il était inévitable que l'éradication des serpents à buste humain se transformerait en un véritable duel, où chacune n'aurait de cesse de vouloir démontrer sa supériorité.
Après avoir laissé la langue de vipère prononcer une énième provocation à l'intention du chef Ithafan, l'incandescente s'accroupit et posa délicatement une main sur le sol.


 « Commençons tout en douceur... »

À ce murmure suivit l'apparition à quelques mètres d'elle d'une flamme d'environ 20 centimètres qui, à mesure que la jeune femme se redressait, croissait en fondant droit sur l'une des « femmes serpents » et, accessoirement, sur la dénommée Dhanaë.
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Azariel
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Dim 8 Nov - 16:31

Le Suedel laissa Laÿna prendre les devants, son regard analysant toute la situation, ses mains lavant la scène des parasites qu'étaient son attroupement de domestiques. Le carrosse disparu alors en contrebas. Le combat qui allait faire rage devait une fois encore s'exiler des regards trop attentifs de ces individus quelconques. Wingel vit une première flamme quitter le corps de sa tendre. Son visage resta cependant implacablement froid et distant, la nature se jouait de lui, quelle ironie. La seule entité qui, présentement, ne pouvait succomber à ses pouvoirs célestes.

" Ces créatures sont indignes de moi. Mais leurs mouvements sont inhérents à la logique... Que la tête pensante qui se terre en ces lieux, se prépare à livrer son ultime Duel. "

D'un seul coup le visage du Suedel s'éclaira. Il lança un regard dominateur à Laÿna son bras se raidit en direction du lac. Sans plus ample mise en scène, elle comprit. Ses deux mains se caressèrent l'une l'autre, ses genoux se posèrent sur le sol. Elle inspira profondément, et tout autour d'elle l'air chauffa d'au moins trois degrés, ses bras se mirent à rougir, et une quantité hallucinante de mana s'enfouissait sous le sol, le faisant craquer de part en part. Des premières fissures commençaient à se dessiner loin devant, entre la dernière ligne de femme-serpents et le lac, une aura rouge orangée commença à entourer l'être de feu. Elle était au paroxysme de son art, un nuage de vapeur commençait à remplacer un lac qui se vidait un peu plus chaque seconde. Wingel était concentré, les yeux scrutateurs et les mains croisées dans le dos. Dés qu'elle sortirait, il lui sauterait à la gorge. Le lac n'était maintenant plus qu'un immense cratère de magma et de poissons fris. La jeune elfe tomba sur les coudes, épuisée par cet exploit. Wingel posa sa main à l'arrière de sa tête, remontant légèrement au-dessus de sa nuque, pour lui prodiguer une vague d'apaisement, une fine dose de mana lui parcouru l'échine. La revigorant quelque peu, et rendant à son visage ce teint chaleureux.

" Occupez-vous des "choses", elle, elle est pour moi. "

Il savait pertinemment qu'il se jetait dans la gueule du loup, une armée de serpent, disposée en arc de cercle, autour d'un trio de combattant esseulé... Ce stratagème, s'appelle l'Archetier, au moyen-âge les villages attaqués par les barbares avaient développés une tactique semblable, ils plaçaient leurs marchands d'armes au milieu de la ville, ils laissaient le peu de combattants ennemis envoyés en éclaireur entrer et les foudroyaient avant qu'il ne pénètre dans la cachette d'armes ; la caserne et les camps d'archers servant d'appât, et les véritables défenses de la bourgade s'étendant tout le long de la rue principale et non éparpillée sur les murailles tangibles qui entourent la ville. L'inventeur de cette stratégie primaire, était un Archetier anglais. Mais la bataille n'avait pas encore commencée, que déjà elle était perdue. Cette piètre tentative s'avéra être pour le Suedel une véritable aubaine. Sans ça, jamais il n'aurait pu traverser ce champ de serpents aux dents empoisonnées. Ses bras se décroisant enfin, il emboita le pas, une démarche lente, accompagnée d'un poids insoutenable, l'être divin assemblait de la mana, il allait se battre au corps à corps.

Son esprit était en ébullition. Il approchait doucement de la muraille de serpents, il savait que derrière il y en aurait encore plus... Il savait que derrière encore, elle l'attendrait avec l'espoir de le voir mourir avant qu'il n'ait fini de traverser cet enfer.


(Par télépathie) " Laÿna. Les serpents vont me suivre... Je te demanderai de faire en sorte qu'ils n'interrompent pas ce duel. Alors toi et cette Dhanaë, vous les tuerez tous. Prête ? Go ! "

Comme prévu, les premiers serpents le laissèrent passer. Il courrait alors à une vitesse raisonnable... Laÿna préparait sa contrattaque, elle attendait le signal de son mentor. Il progressait rapidement, enfoncé d'une vingtaine de mètres dans les lignes ennemis, un immense mur de serpents se dressa devant lui, il frappa ses deux mains l'une contre elle et une immense estocade de mana les fit tressaillir, immédiatement, d'autres serpents tentèrent de lui barrer les routes, se dressant sur plus de trois cent degrés tout autour de lui... Mais le signal était donné, un torrent de flammes en avala la moitié, et dans les assourdissant cris de ces serpents fris, le Sudel disparu. Les serpents étaient immobiles, leur tête pensante abasourdie par la tournure des évènements. Les deux camps disposaient d'un court instant de répit pour clarifier la situation. Il ne suffit que d'un regard pour que les deux femmes se comprennent : à celle qui en tuera le plus. Wingel quant à lui, réapparut collé au dos de cette fausse divinité : Médusa. L'arme au poing, une goutte de sang jaunâtre s'écoulant le long de la lame, elle et les serpents qui lui habillait la tête étaient tétanisés.

" Cessez tout cela immédiatement, lui susurra-t-il à l'oreille. "
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Laÿna
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Mar 1 Déc - 20:02

Le second duel qui allait avoir lieu cette nuit pouvait enfin véritablement commencer. Gardant un œil anxieux sur Wingel, la Sephiroth entreprit de terminer le travail qu'elle avait commencé. A nouveau, elle s'accroupit pour envoyer une bouffée de mana dans le sol. Mana qu'elle sépara en deux quantités égales qui prirent feu immédiatement puis progressèrent vers les créatures reptiliennes. Le sol se fit de plus en plus bombé au passage de la matière ardentes et les craquelures se multiplièrent puis s'élargir pour dévoiler à une vingtaine de paires d'yeux effrayés des flammes qui eurent tôt fait de les engloutir. Leurs cris stridents, associés à la désagréable odeur de chair brûlée qui s'intensifiait lui arrachèrent une grimace agacée. C'était le genre d'atmosphère qui la rendait mal à l'aise. Malaise qui, du moment qu'il ne s'agissait que du massacre de ce genre de bêtes, se réduisait presque à un sentiment d'inconfort.
Le cercle des monstres se resserrait lentement autour des deux combattantes, émettant des sifflements menaçants. Ce qui fit naître dans l'esprit de la jeune femme la crainte d'une imminente attaque groupée. Elle s'efforça de réfléchir à toute vitesse pour tenter de trouver une solution rapide et efficace car, ce qu'elle redoutait plus que tout était de se retrouver à court de mana. Cependant le corps à corps serait des plus risqués, compte tenu de la présence des épines empoisonnées recouvrant les uniques membres de ces êtres.
Elle fut tout à coup alertée pas un léger sifflement dans son dos. Sans prendre le temps de réfléchir, elle se jeta dans la direction perpendiculaire à celle du projectile. Réflexe salvateur à en juger par la nuée d'aiguilles de glace qui vinrent se planter dans les créatures qui lui faisaient face il y a un instant. Toutefois, elles ne touchèrent aucun de leurs points vitaux, compte tenu de la taille des monstrueux reptiles, car elles avaient été lancées à hauteur humaine. Ce qui ne faisait aucun doute sur leur cible d'origine : Laÿna.
Celle-ci lança un regard féroce à sa rivale puis vint se placer en quelques bonds au centre approximatif du cercle que formait l'ennemi. Elle prit cette fois garde de ne pas tourner le dos à Dhanaë et, avant de refermer pour atteindre le niveau de concentration requit par ses flamboyantes prouesse, lança à l'adresse de l'elfe glaciale :


« Ne crois-tu pas que le moment est mal choisit pour ce genre d'enfantillage? Sache que je ne suis pas contre le fait de te remettre à ta place, et je serais toute à toi une fois cette vermine exterminée. Néanmoins, je doute que tu puisses t'en changer seule... Ne serait-il pas plus judicieux de me laisser m'en occuper avant toute chose? »

Après avoir poussé un soupir irrité, elle fléchit les genoux afin de venir mettre ses paumes au contact du sol. De la même façon que précédemment, une vague de mana, cette fois circulaire, s'échappa de son corps pour s'enflammer et venir calciner les corps de ces créatures trop lentes pour pouvoir esquiver.
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Lun 7 Déc - 15:14

Il lui trancha la gorge, le temps qui lui était imparti, venait de s'écouler. Sa lame était lancée, son coup précis, son poignet verrouillé, les quelques centimètres qui séparaient le tranchant de son arme et la gorge humide de cette créature seraient parcourus en une fraction de seconde ; et alors, elle gouterait aux obscurs et morbides desseins de son frère Juezel. Elle les gouterait, certes, mais pas tout de suite. De la myriade de serpents qui fournissaient sa chevelure, une liane de pierre s'extirpa et bloqua la lame de Wingel. Le Suedel faisant fie d'être surpris, parvint à suivre la seconde partie de la contrattaque, un second serpent se pétrifia en étreignant la lame, jusqu'à la faire céder. Wingel disparu, battant en retraite. Une voix grave et pensive fit trembler les murs de cette pseudo grotte désormais tout sauf sous-marine.

" Alors vous êtes Médusa. Celle dont parle les anciens de l'Olaryale. L'une de ses Sephiroth que les dieux ont châtié, et que Sued a damné de son paradis. Heureusement, il n'a pas oublié de nous munir d'une alternative pour les créatures de votre sorte. "

Le diapason avait sonné, le glas du trépas venait de retentir. Alors que le ton de ce duel pressenti épique était donné, sur l'autre rive du lac c'est un tout autre combat qui débutait. Les femmes serpents rejoignaient doucement leur maîtresse, se détournant des deux Sephiroth. Elles n'étaient en fait que de vulgaires invocations de Médusa. Les deux femmes se retrouvaient en face à face, l'elfe de feu légèrement éprouvée par l'évaporation forcé du lac. Wingel n'avait toujours pas rompu le lien spirituel que sa Sephiroth et lui avait établi au début du combat. Il profita de celui-ci pour informer sa Sephiroth de l'ébauche de son plan : "on ne tue personne aujourd'hui, je vais l'amener à toi, nous allons échanger d'adversaire, tu devras la contenir le temps que j'hypnotise Dhanaë. A tout de suite. Vis."

Enfin, le regard du Suedel se pencha sur celui de l'ex divinité, qui ralliait ses anciens partisans vulgaire composites de son incroyable ressource d'énergie. La MANA qu'elle portait en elle était salie, indigne de l'être divin qu'elle était. Dans la plus cordiale des invitations, Wingel laissa à Médusa le premier pas, le monstre, au féminin, s'engagea dans une danse effrénée en faisant entamant une incantation spectrale, l'extrémité de ses ongles dessinant un sceau dans l'air. Leurs de regards continuant de se soutenir, Wingel passa à l'offensive en imprimant dans le subconscient de sa future victime l'image de son corps, écartelé, mis en pièces avec violence et orgiaque, le sang de ses membres inertes peinaient à traverser sa chaire lacérée par un tortionnaire sanguinaire qui au-dessus de sa dépouille léchait lascivement ses doigts ensanglantés. Elle parvint à s'extirper de l'illusion, mais l'horreur de ces images la tétanisait encore. Une grande porte ouverte pour l'ange.


" Tu as voulu ce combat... "

Il avait couru, toujours invisible, jusque son oreille et lui avait susurré ses mots, marquant une pause presque imperceptible, qui, à l'image de sa vitesse, laissa apparaître une sorte de silhouette ombragée, indistincte et terrifiante... Leur deux joues étaient pratiquement collées, leurs deux profils gauches se faisant face. Enfin, dans un mouvement toujours aussi rapide et prompt il se retourna, roulant sur son dos et lui assénant un violent coup de talon au niveau de la mâchoire.

De l'autre côté, Dhanaë engagea les hostilités, sans plus ample explication, elle chargea en invoquant de nouveau son géant de glace, qui se rua sur la jeune elfe incandescente.
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Lun 14 Déc - 18:24

À l'écoute du nouveau plan de son maître, le cœur de la Sephiroth eut un léger raté. La perspective d'affronter la divinité damnée ne la réjouissait guère : étant une Sephiroth déchue, elle devait au moins l'égaler en puissance. Non, à vrai dire Médusa ne pouvait que la surpasser, compte tenu de sa plus grande expérience du combat. En comparaison, la jeune elfe n'était probablement qu'une amatrice.
Un petit son cristallin, suivit d'un pas lourd rappela à Laÿna qu'elle avait du nouveau tourné le dos à sa sulfureuse rivale. Dégainant une arme pour la première fois depuis le début de ce combat nocturne, elle se retourna vivement vers le colosse de glace, griffes métalliques aux poings. Tout en ayant bien conscience que le Golem servirait à Dhanaë d'appât et que lui régler son compte une fois pour toutes se révèlerait bien plus efficace. D'autant plus que son protecteur de glace évoluait avec des mouvements si pesants qu'il n'aurait pas été une tâche très ardue d'esquiver son attaque pour ensuite foncer vers l'invocatrice. Cependant, Wingel avait été très explicite : on personne ne devait être tué cette nuit. Même si le meurtre de l'elfe glaciale n'avait jamais été dans ses intentions, tout combat sérieux était à éviter, car elle ne pouvait connaître la vivacité des réflexes de son adversaire, ni jusqu'où elle-même pourrait aller par instinct d'auto-défense.
C'est donc en gardant un œil sur Dhanaë que Laÿna chargea. Un puissant coup de pied donné au sol associé à une impulsion de mana la propulsa à toute vitesse vers la montagne de givre. Contre toute attente, elle dévia au dernier moment avant l'impact vers la droite pour ensuite pivoter avec grâce et agilité sur la pointe des pieds. Une fois dans son dos, elle profita du temps que l'effet de surprise lui avait permis de gagné pour concentrer une mana ardente dans les lames qui prolongeaient les phalanges de sa main droite jusqu'à ce qu'elles rougeoient assez pour pouvoir traverser la glace aussi facilement que s'il ne s'agissait que d'un coup porté dans le vide.
Néanmoins, le serviteur de Dhanaë amorçait déjà un mouvement pour se retourner. Il allait falloir faire vite. Une nouvelle vague de mana lui permit d'aller planter les quatre lames fermement maintenues par sa main gauche dans ce qui équivalait à un omoplate pour cette créature. Elle tourna en même temps que le bloc de glace en forme de tronc humanoïde et, d'un coup de ses griffes incandescentes, trancha celui qui lui tenait lieu de tête.
La jeune Sephiroth passa ses jambes par dessus l'épaule de la corpulente statue dans un bruissement d'étoffe pour atterrit avec une souplesse digne d'un félin sur le sol.
Pendant que sa tête roulait sur le sol, le reste du corps de glace titubait, tâtonnant l'emplacement où elle s'était trouvée, quelques minutes auparavant. Mais Laÿna ne se souciait guère de cette pitoyable scène. Toute son attention était rivée sur les serpentins de glace qui volaient dans sa direction. À défaut de l'avoir attaquer en même temps que son docile monstre de glace, elle ne lui laissait pas de répit. Avait-elle sérieusement douté de la suprématie feu sur la glace, ou avait-elle voulut gagner du temps pour préparer sa technique? Quoiqu'il en soit, au vue de la manière reptilienne dont elle ondulait, cette glace-ci n'était pas qu'une vulgaire eau solidifiée. Finie l'économie de mana. Cette fois il valait mieux jouer la carte de la sécurité.
La Slumál tendit ses bras devant elle, paumes dressées face à ces assaillants bien singuliers... qui virent s'écraser sur un mur à l'aspect magmatique, provocant une petite explosion à chaque impact.


« Hum, j'ai comme l'impression de ne pas être la seule ici à contrôler des formes insolites de mana... »

Un rapide coup d'œil en direction de son mentor puis, aux aguets, elle baissa doucement les bras. L'épaisseur de la paroi protectrice sembla diminuer, au point de devenir assez translucide pour que Laÿna puisse guetter le moindre geste de la part de Dhanaë qui trahirait le passage à une nouvelle offensive.
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Sam 19 Déc - 15:40

Médusa fut surprise, toujours sous le choc, haletante elle ne comprit la suite des évènements qu'une fois adossée à l'une des pierres qui jonchait le fond du lac, une larme de sang coulant de ses lèvres. Lorsqu'enfin elle renoua avec la vue, elle peina à déglutir. Devant elle se tenait, froid et fier, les deux hémisphères libérés de la tempérance divine. Azhar Théran venait de délivrer l'immense pouvoir dormant que Suedel lui avait légué. Cela n'avait rien de comparable avec ce qu'il avait pu matérialiser devant Dhanaë. Toute la folie qui sommeillait dans cet esprit implacable de logique et de recul venait d'aviver l'immense haine qui habitait le Suedel. Ce monde entier si fragile et tangible, cette incapacité qui habite ses invités, le ridicule dans lequel ils se sont plus d'une fois plongé ; toute cette série de tragédies qui finalement avait décidé son Père à les y immerger, quitter le paradis pour une telle pourriture, au fond de lui, il les haïssait tous, lui un si grand être, parmi les patrons des Infans Deum, quelle humiliation, il leur ferait regretter leur impéritie.

" Porté par les ailes, qui des cieux jusqu'à toi m'ont guidé ; par les pouvoirs célestes, que le Père m'a légué ; obligé par les empiriques desseins qui jalonnent ton évolution, de juger ta personne inepte à avoir foi en la vérité des cieux... J'ôte de ton âme, la magie dont Sued t'a doté. Prépare-toi à souffrir, la douleur sera si forte, que jusque la fin de tes jours, tu pleureras ton sort ; tu prieras pour ce monde, sans jamais te lasser, avec pour seul désir, celui de me voir ne plus jamais user de ce pouvoir. Tu pleureras ton existence jusqu'à mourir déshydratée, toi, créature des mers, quelle ironie.

Maintenant, prie pour survivre à tant d'affliction. "


Il leva la main, la paume ouverte vers le ciel. Son corps découpé en deux, la Dualité, symbole même de la tempérance, l'illogisme profond qui lie folie et raison. La forme suprême du fils de Sued. Sa seconde main se tendit, droit en direction de Médusa, elle s'éleva, et son coup vint lentement s'enfermer dans les phalanges fermes et fortes de l'Azhar, malgré toute sa réticence, toute sa terreur, rien ne pouvait plus arrêter la colère de Sued qui par les bras de Théran investissait ce monde. Wingel, les yeux plongés dans ceux de sa victime se mit à sourire, comme satisfait, rassasié, sa haine inhibée, pendant un petit instant rien n'était plus jouissif. Ses lèvres dessinèrent quelques syllabes, mais aucun son ne traduisit la douceur de sa langue elfique. Laÿna se retourna, horrifier par ce qui venait d'être prononcé, Dhanaë tressaillit, les deux genoux à terre une douleur intolérable venait de tétaniser tout son corps. Les Sephiroth et Suedel du monde entier sentirent le ciel se déchirer et l'inaudible voix de Sued voleter dans l'atmosphère. Tous comprirent rapidement, le Suedel de la Tempérance venait d'ouvrir le passage entre Terra et Cieux, un Infan Deum allait disparaître, pêcheur.

" Qui est-ce, mon fils ? "

" L'une de vos vieilles créations père, une déchue. "

" Laisse moi la voir. "

Wingel brisa deux vertèbres de la vieille femme, plongeant sa tête à la perpendiculaire, derrière ses épaules, à quelques millimètres du coup du lapin, protégeant son encéphale pour lui éviter la mort. Les yeux de Médusa, fixant un ciel noir, ni nuage, ni espace, simplement un noir opaque, qui doucement craquela, se fissura, laissant une lumière aveuglante percer le ciel pour venir embrasser le visage terrifié de la jeune femme. Des cloques commençaient à traduire l'insoutenable chaleur qui habitait ce rayon d'une pureté absolue.

" Hum'... Je peine à me souvenir d'elle. Je ferai confiance à ton jugement. Livre moi sa magie. "

" Oui, Père. "

Dans un torrent de mana apocalyptique, Wingel matérialisa un immense poignard métallique, des éclairs violets parcourant une lame au reflet vert ; une arme étrangement harmonisée avec le teint blafard et nauséeux de la peau du habituellement raffiné Théran. Le poignard frappa Médusa en plein visage, telle une épée de Damoclès que même l'acier ne saurait ralentir. Le corps de médusa demeura parfaitement intact, mais un abominable cri accompagna l'extraction d'une importante partie de son âme.

" Insupportable, fais la taire. "

" Oui, Père.
Navré, mais tu n'as pas assez prié. Meurs ! "


La main pointée vers le ciel du Azhar se ferma. L'immense poignard, alors immatériel, perdit de sa transparence pour déchirer le corps de la déchue. L'œil de Sued se referma, le pouvoir de l'ex-Sephiroth ravalé. Théran ne tenait plus que sa tête entre ses mains, morte avec le visage creux, endolori et vidé de son âme ; par terre, ses membres jonchaient le sol, saignant en fait abondamment, la vision du Suedel s'était désormais matérialisée et sur son visage son sourire était étirée jusqu'aux oreilles. Une allure de joker, une aura de Lucifer, il se retourna en direction de Dhanaë, il se mit à rire.

" A ton tour ! "

Il disparu des radars.
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Laÿna
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MessageSujet: Re: Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse   Lun 21 Déc - 21:13

[Hors RP : Vraiment pas d'inspi' pour enchaîner là-dessus, désolée... ^^']

La tournure qu'avait pris les évènements laissèrent l'elfe aux cheveux blêmes comme pétrifiée, tandis qu'un confus mélange d'émotions contradictoires agitait son esprit. Un amalgame de terreur, de fascination, et de satisfaction. Sa conscience s'interrogea vaguement sur la nécessité de faire appel à la toute-puissance divine alors que le Suedel dominait déjà très largement l'affrontement. Cependant, elle n'eut pas à user de beaucoup de réflexion pour arriver à la réfutation quasi immédiate de cette pensée : tout pouvoir d'une créature engendrée pas Sued doit revenir à lui. Tout être vivant, ou même le moindre petit atome, ainsi que ses propriétés, lui appartient. Se contenter de l'éliminer aurait été du gâchis.
Bien qu'elle se doutait de la scène macabre qui allait suivre, Laÿna ne put se résoudre à en détacher les yeux, et ce même lorsqu'elle entendit Dhanaë choir à une dizaine de mettre d'elle et laisser échapper quelques gémissements de douleur.
La cause de la souffrance de l'elfe glaciale lui était totalement inconnue et, une fois que le Divin eût quitté l'antre des mortels, elle posa un regard intrigué sur sa silhouette blafarde et recroquevillée. Ses prunelles étaient animées d'une volonté féroce pour surmonter la douleur et garder le minimum de dignité que lui permettait la situation.

" A ton tour ! "

Si Dhanaë n'avait pas tenté de la tuer à plusieurs reprises, l'incandescente l'aurait probablement prise en pitié. Car son mentor n'avait absolument plus rien d'elfique, et la seule chose que pouvait souhaiter l'hérétique, c'était que la rage l'incite à en finir au plus vite. En revanche, s'il était décidé à faire durer l'insoutenable le temps nécessaire pour satisfaire sa colère... Le corps frêle de Laÿna fut saisit d'un léger frisson.
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Quand s'éclot le bourgeon de l'ivresse
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