AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Le Galetas du Messie

Aller en bas 
AuteurMessage
Azariel
Suedel - Fondateur - Tempérance
avatar

Messages : 1491
[IRL] Surnom : Bia

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
Niveau: 32
Espèce: Infans Deum

MessageSujet: Le Galetas du Messie   Lun 11 Jan - 20:08

Le luxe et les mille scintillements de son costume ; l'extraordinaire masse de connaissances de son bureau ; l'inestimable richesse de sa Basilique ou encore les mille œuvres d'art qui tapissent ses journées de richesses, de somptuosités et d'opulence... Tout le faste de son environnement va jusqu'à ternir le soleil. Mais l'incarnation de la tempérance, sait trouver même après autant d'étalage ostentatoire, l'équilibre. Il sait faire de ses nuits l'antipode absolu de ses journées, taciturne, paisible, calme et surtout pittoresque.

Alors que la noire nuit a chassé les douceurs du longuet crépuscule depuis déjà de longues heures, alors que dehors, les torches se battent avec leur sort pour demeurer allumer, alors que le Pontife vient de libérer sa cour pour trouver le repos, que les sept cardinaux, leur toises violettes pendus à leurs crochets se trémoussent dans des draps de velours, alors que ses Sephiroth touchent du doigt les douceurs de leurs rêves... Lui, il commence son ascension. Philosophe le matin, mathématicien le midi, physicien au zénith, alchimiste à l'heure du thé, il se fait astronome une fois son étoile cachée. Dans la plus grande tour, de la plus grande basilique de tous les temps, au point cardinal de l'espoir ; se situe son alvéole. En guise de plafond, une charpente âgée de six cent ans, en guise de fenêtre une lucarne où niche chaque année la même lignée de mésanges au col bleuté. Là, dans le coin le plus sombre, un matelas de paille, un épais tissu recouvert d'un cuir d'Amness'Igeladine, et deux grosses couettes en fourrure de Watton. Ce lit, d'une largeur de deux mètres soixante-dix de largeur pour deux cent soixante-et-onze de hauteur est à même le sol, avec un profond trou en son centre, n'accueille que Théran recroquevillé sur lui-même.

Lorsque la douce nuit, de sa robe bleue, s'est emparée du ciel, et qu'enfin il a escaladé les trois cent mètres de haut, pour près d'un kilomètre de marche qui le sépare de sa chambre ; il commence. Ses yeux, mirant timidement le ciel au travers de la petite lucarne, ses doigts, en parfaite harmonie, dessinent dans sa chambre le même ciel qu'au dehors, des pépites de mana blanchâtre faisant office de constellations ; une brillante échelle logarithmique logeant plusieurs centaines de parsecs dans quelques petits centimètres. Et le voilà, s'amusant, allongé dans ses draps, à tâter l'univers de ses fins doigts.

Tristement, ses rêveries prennent fin. Ses Sephiroth ont trouvé le sommeil, et leurs rêves agitent son esprit, plénitude évadée, il doit désormais méditer pour constituer une barrière psychique qui bloquerait le lien constant qui le lie aux siens. Surë, et ses oniriques desseins d'hérétiques : bloqué ; Aëon en plein ébat avec l'une de ses proies : bloquée. Laÿna par contre, ne rêvait pas. Les Suedels n'étaient pas nécessiteux du sommeil ; dix minutes par mois, à toucher l'ataraxie et leur corps divin était en parfait état. Mais pour leurs anges, le sommeil, bien que d'une moindre importance que celle des simples Terrans, demeurait indispensable. Inquiet, il décida de pénétrer son esprit. Ses anges pouvaient mourir en le servant, ils pouvaient mourir même de sa main s'il le désirait, mais jamais, ô grand jamais, ils ne devaient sentir le moindre malêtre psychologique ; des tourments de la simplicité, toujours l'intellectuel qui l'était, les protègerait.

Mais son esprit était embrumé, protégé par un sentiment puissant que le Suedel ne parvenait à contourner. Un voile blanc, enveloppait chacune de ses pensées, des ombres inquiétantes les laissaient se mouvoir dans un orchestre d'étrangetés. Wingel était désarçonné, l'une des siennes échappaient à son contrôle, sa vigilance. Il sortit de sa tête, rouvrit les yeux, commença à faire les cent pas dans son taudis. Une explication, si seulement il y en avait une seule... Rien, pas même une idée, son esprit brillant connaissait son premier échec, ses premiers doutes, des sentiments humains surgissant, et l'esprit originel de son hôte renforçant l'incertitude. Mais il n'était pas question de continuer sur ces dédales dangereux, interdiction de s'embarquer dans une psychose psychotrope qui ne trouverait comme issue que la miséricorde et l'émoi. Théran Azhar était désormais Wingel, bien au-dessus de tout ça.

D'un pas décidé, il s'en alla la voir. Ouvrant rapidement la porte, survolté... Il la vit, là sur le pallier.

La peur, elle le frappa tel un fouet, faisant s'agiter dans sa tête une myriade d'idées, son galetas, son alvéole, son monolithe, ainsi éhonté ; pourquoi ? Comment est-ce que son secret le mieux gardé pouvait ainsi être découvert ? Et pourquoi elle ? Après ces derniers instants... Pour la première fois il qualifia un évènement, d'étrange.


" Qu'est-ce que tu fais là ?" son ton empirique s'était évanoui, un tremblement oscillant parmi les syllabes, l'émi activé, et une forte quantité de mana commençant à se mouvoir dans l'air... Il paniquait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Laÿna
Sephiroth - Upper
avatar

Messages : 253
[IRL] Surnom : Chachou

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
Niveau: 22
Espèce: Incandescents

MessageSujet: Re: Le Galetas du Messie   Mer 13 Jan - 17:13

La nuit avait plongée la basilique dans un silence presque complet et une torpeur certaine. Le léger de tissu et la respiration saccadée qui accompagnaient l'ascension de la Sephiroth dans l'abrupte escalier en colimaçon était les seuls sons qui lui parvenaient. Ce n'était pas tant l'effort que demandait à son frêle corps elfique cette course vers la cime de la plus haute tour du sanctuaire Ithafan qui lui faisait perdre haleine. Peut-être était-ce le résultat de ces si longues années passées à refouler des sentiments en tout genre. Un en particulier. Elle n'avait jamais trop pris en compte ce perpétuelle et frénétique besoin de reconnaisse, de la part d'une seule personne et unique personne, désir qu'elle n'avait jamais envisagé comme autre chose qu'un zèle inconditionnel lorsqu'il était question de faire appliquer la volonté divine. Ou probablement n'avait-elle voulu pas laisser sa conscience y déceler une autre signification.

Perdue dans le désordre de pensées qu'elle ne parvenait toujours pas à formuler clairement, Laÿna gravissait les marches une à une machinalement, sans même les voir. C'est pourquoi, lorsque tout à coup son pied ne se posa pas à la hauteur à laquelle il s'était accoutumé, elle fut déséquilibrée et on ne peut plus surprise de ce retrouver sur le palier de la seule pièce dont elle n'avait jamais pu connaître avec certitude l'utilité, encore moins le contenu. Pourtant cette tour était bien là, et bien sots étaient ceux qui aurait pu croire à un rôle purement esthétique. Bien évidemment, les lieux se devaient d'être charismatiques, imposant. Inspirer la crainte et l'admiration étaient la façon la plus sûr de s'assurer le respect du peuple. Pourtant chaque chose y avait son utilité, et la belle avait sa petite idée sur celle de cet endroit.

Avec une appréhension grandissante, l'elfe posa un dernier pied sur le pallier. Son corps lui donna l'impression d'avoir doubler de masse. La raison de sa venue lui avait échapper. Il ne pouvait s'agir que d'un stupide caprice de sa part. Elle allait d'ailleurs subir les conséquences de son hardiesse et, même si elles étaient minimes, la simple perspective de devoir éclaircir les raisons de sa venue faisait peser sur elle un sentiment de honte comme elle n'en avait pas ressentit depuis bien longtemps. Jamais depuis qu'elle était au service du Tout-Puissant, à vrai dire.

La porte s'ouvrit à la volée, provoquant un sursaut qui lui aurait été facile de réprimer en temps normale, d'autant que la connexion mentale qui la liait à son maître aurait du lui permettre d'anticiper son gestes avec quelques centièmes de secondes d'avance.


" Qu'est-ce que tu fais là ?"

La confusion de son esprit lui semblait résonner dans un écho insupportable dans celui du Suedel. La Sephiroth devait reprendre le contrôle d'elle-même, et vite.

« Il semblerait que Morphée répugne à me prendre dans ses bras, cette nuit. Néanmoins l'idée de rester sans occupation ne me plait guère et, sachant que votre grandeur ne nécessite qu'un infime temps de sommeil, j'eus l'audace de penser que la compagnie d'un de vos anges vous épargnerait l'ennui. Je viens seulement de réaliser ma grossière erreur et m'en excuse, je jure de ne plus commettre ce genre d'impertinence et vous laisse vaquer à vos occupations »

Inclure des vérités dans un mensonge, surtout lorsque l'on improvise, était assurément la meilleure façon de le rendre crédible. Au moins avait-elle eu ce réflexe.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Azariel
Suedel - Fondateur - Tempérance
avatar

Messages : 1491
[IRL] Surnom : Bia

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
Niveau: 32
Espèce: Infans Deum

MessageSujet: Re: Le Galetas du Messie   Jeu 14 Jan - 13:03

" Il semblerait que certaines vraisemblances ne soient le fruit que de ton imagination. Si c'est le sommeil que tu cherches, il t'aurait suffit de le souhaiter, et je te l'aurai donné. "

Wingel était passé devant la porte, la refermant derrière lui. Sur les épaules, la première épaisseur de son attirail princier, un col au corps en coton très moulant, en dessous un pantalon béant que deux ficelles attachaient à ses chevilles. Il regarda plusieurs fois vers l'extérieure, plongeant ses plus infâmes pensées dans le vide intergalactique pour concentrer ses songes et ne s'adonner qu'à la récolte des réponses qu'il souhaitait. Malhabilement, il porta sa main à son visage, se grattant l'arrière du crâne, un signe de résiliation...engendré par une révélation, leur connexion était réapparue.

" Ta sagesse et ta gymnastique cérébrale ont toujours su cacher une certaine incapacité à refouler ton humanité... Je sais que tu en souffres. Je sais que tu souffres, pour moi. Je me refuse cette idée. "

Le visage de Laÿna s'éclaira, la tournure étonnante des évènements réveillait en elle les espoirs originels qui accompagnaient cette ascension. Il l'enlaça d'un bras, posa la main de l'autre sur la poignet, et l'ouvrit. L'enveloppant d'une nappe de mana réconfortante, convertissant l'extraction malhabile d'il y a quelques instants en une vague d'apaisement démesurément intense. D'un geste protecteur et attentionné, il l'invita à s'asseoir sur son tas de draps pendant que lui irait s'adosser de l'autre côté de la pièce. Il ouvrit la paume de sa main et invoqua deux grands verres d'eau. L'un voleta jusque son invitée. Elle restait silencieuse, jugeant parfaitement que la situation était encore quelques peu tendue.

" Je n'ai encore jamais reçu quiconque ici. Mais je crois que tu as besoin de voir et savoir que tous ici, séraphiques ou non, nous avons nos faiblesses, nos sourires et nos sensations. Tu as lu sur mon visage de la peur, les étoiles me soufflent que tu y verras bientôt un courroux d'une ampleur insoupçonnée. Et qui sait, un jour me verras-tu peut-être enlacer l'un de mes frères Suedels. Tu liras alors, que mon cœur, au même titre que le tien, vit et bat dans une poitrine certes moins éloquente... "

Il sentit que cette dernière circonstancielle portait en figure une métaphore plutôt malhabile, il ne put retenir un sourire amusé. Son visage, caché derrière la myriade d'étoiles qui peuplait l'univers artificiel de Suedel, restait cependant légèrement dissimulé à la vue de la jeune Sephiroth. Il retrouva son ton placide et monochrome, ses deux bras dans son dos, sa nuque reposant sur une pierre exubérante du mur ; il reprit.

" Tu sais... Vous, mes Sephiroths, vous m'apparaissiez comme des valets, des domestiques, des laquais... Mais de mois en mois, vous êtes devenus mes enfants, puis mes amis. Je tiens plus à vous qu'à certains Suedels. Et jamais je ne vous laisserai triste, désemparé ou souffrant. Quel que soit le démon qui t'habite, je saurai le chasser, explique moi la raison de ta venue. "
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Laÿna
Sephiroth - Upper
avatar

Messages : 253
[IRL] Surnom : Chachou

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
Niveau: 22
Espèce: Incandescents

MessageSujet: Re: Le Galetas du Messie   Sam 13 Fév - 14:57

Laÿna s'était depuis bien longtemps accoutumée aux comportements dualistes de Wingel. Prédire ses réactions n'était pas chose aisée et, ayant échoué de nombreuses fois dans cette entreprise, elle avait abandonné tout pronostique sur le sujet. Le cœur du Suedel de la tempérance ne suivait qu'une logique aléatoire.

Bien que toujours un peu ébranlée par le rapide enchaînement d'événements on ne peut plus déstabilisant, Laÿna reprenait, à mesure que Wingel débitait les paroles les plus réconfortantes qu'il le fut jamais donné d'entendre, peu à peu contenance. Les scintillements qui paraient l'atmosphère commencèrent commencèrent à se révéler à ses yeux, puis toute une constellation manatique. Était-ce leur reflet qui rendirent ses yeux si pétillants de vie – ou de bonheur, peut-être ; à moins que cela ne revienne sensiblement au même?

Son esprit lui aussi s'éclaircissait sensiblement, lui hurlant que si elle ne parvenait pas à mettre des mots sur la pulsion qui l'avait conduite jusqu'ici au plus vite, la magie de cet instant allait s'évaporer aussi lestement qu'elle était apparue. Car les pensées confuses qui s'agitaient parfois dans tout son corps s'étaient à présent solidifiées en un espoir qui emplissait son cœur ; un cœur qui semblait sur le point d'exploser. Son mollet cessa de jouer avec un épis saillant du matelas de fortune de l'être le plus puissant d'Ithaf. Ses paupières se fermèrent le temps d'une inspiration silencieuse.

« Éloignez toute peur importune de votre esprit. Si votre grandeur ne vous intime pas d'être au-dessus de ce genre de futilités, même à propos de l'un de vos fidèles Sephiroths, alors c'est moi qui vous le demande. Cependant vous m'avez demander la raison de ma venue et je n'aurais pas l'insolence d'ignorer la question ou de refuser d'y répondre... »

Ses yeux fixaient à présent la pointe de ses bottes de cuir blanc. S'apercevoir de cette attitude d'enfant pris en faute ne lui plut gère, et elle leva immédiatement un regard déterminé et d'une dureté excessive au vu de la situation, vers son mentor.

« Je... je crois que chaque minute passée loin de vous m'irrite. Je dirais même que cela a empiré avec le temps et qu'aujourd'hui le désir de me trouver en permanence à vos côtés tourne à l'obsession. Cette divagation n'a évidemment aucune raison d'être et si j'y ai cédé aujourd'hui je jure de retrouver une attitude raisonnable et raisonnée afin de ne plus troubler votre quiétude. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Azariel
Suedel - Fondateur - Tempérance
avatar

Messages : 1491
[IRL] Surnom : Bia

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
Niveau: 32
Espèce: Infans Deum

MessageSujet: Re: Le Galetas du Messie   Jeu 18 Fév - 16:09

Spoiler:
 

Il esquissa un sourire, d'une sincérité qui lui était propre, une honnêteté séraphique qu'elle savait éternelle. Il l'enlaça, amicalement d'abord, protecteur ensuite, pour enfin lui glisser délicatement une première caresse, dans le creux de son dos, traversant jusque sa hanche. De là, il accentua l'étreinte, comme pour faire sortir ce mal inopportun qui ronge chacune des fibres de son être. Les yeux fermés, son souffle timide s'immisçant parmi ses mèches bleutée, il restait délicieusement silencieux, doux et incroyablement normal. Aucune de ses excentricités habituelles ne venaient souffler les timides flammes qui naissaient de ce câlin ; elle, les yeux ouverts, elle continuait de douter. Sous son regard hésitant, chacune des petites boules de mana qui constituait cette restitution quasi exacte de la galaxie, s'illuminait et dansait en harmonie avec ses sœurs ; toutes bercées par l'effluve de sentiments qui habitait leur créateur.

Tendrement, il se détacha, veillant toujours à la garder auprès de lui. La délicatesse de sa précision fit presque frissonner la jeune elfe, l'un des moments les plus redoutés de ce genre de situation, lorsque l'un des deux amants se décide à parler. Elle s'imaginait plus d'une myriade de déclarations, toutes plus insupportables les unes que les autres, toutes aussi déraisonnables, toutes aussi tragiques, douloureuses et puériles que la plus grande des moqueries. Alors, que de son cou il s'extirpait, leurs eux fronts accolés avec douceur, elle évitait toute le solennel de son regard.


" Et cette minute, passée contre moi, valait-elle tous ces longs moments d'irritation ? "

Il souriait.

Ressentir, durant des années il avait été fasciné par cette étrange faculté humaine. Il avait lu, travaillé, pensé cette philosophie de tendresse et de dévotion ; il était meilleur amant que quiconque, mais il ne ressentait rien, une pauvreté dont il goûtait la souffrance, pour la première fois, dans ces bras. Chacun des frissons qu'il avait attendu, chacune des pulsions que sa culture lui avait promises, ne furent. Camouflant ce sentiment délicat, inhérent à sa nature, il tentait encore.

Elle avait voulu répondre, rompre ce nouveau silence, mais l'étreinte de son mentor en disait beaucoup plus que ses mots : rhétorique. Il hésita, mais la parallèle avait été trop souvent décrite pour qu'elle le laisse passer outre. Mentir, même par omission, est le pire ennemi de l'amour. Alors, perplexe et dubitatif, il tenta de s'expliquer.


" Tu embellis, cette quiétude. Sans vous trois, elle n'est plus, sans toi elle n'est déjà plus.

J'aspirais à une toute autre suite à ces évènements. J'imaginais de chaudes nuits d'été, où tu me ferais découvrir l'amour, comprendre ses moindre recoin, et illuminer l'humanité de notre ataraxie stoïcienne. "
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Laÿna
Sephiroth - Upper
avatar

Messages : 253
[IRL] Surnom : Chachou

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
Niveau: 22
Espèce: Incandescents

MessageSujet: Re: Le Galetas du Messie   Jeu 25 Fév - 20:04

Le cœur de Laÿna battait avec tant de frénésie dans sa poitrine qu'il ne lui semblait n'entendre plus que ce son, lorsque la voix du Suedel se tut. Elle n'aurait pas su mettre de nom précis sur cette sorte de bien-être absolu que lui avait procuré son étreinte. La notion d'ivresse ainsi que celle d'intégrité enfin trouvée, figuraient parmi les qualificatifs, tous aussi excentriques les uns que les autres, qui lui traversaient l'esprit. Le plus grotesque d'entre eux était celui d'amour. Un terme si grandiloquent et auréolé de tous les stéréotypes que l'utopisme humain lui avait associé, qu'elle chassa immédiatement l'idée et stoppa net ses élucubrations pour revenir à la réalité et en accepter les délices sans s'obstiner à se justifier cette effervescence, à mettre des mots sur son origine. Néanmoins, sans sa profonde aversion pour tout ce que cette dernière formulation pouvait susciter dans l'esprit de la majorité, elle l'aurait probablement jugé la plus éloquente de toutes.

Bien que ce n'était pas la première fois que le Suedel lui témoignait une certaine tendresse, son cœur appréhendait les choses différemment, ce soir. Et, alors qu'aucune chaleur ne pouvait émaner de ce corps au sang froid, elle sentait son corps se réchauffer à son contact.

Lentement, avec une précaution digne d'un animal aux aguets, elle alla appuyer son visage sur le torse ferme et apaisant de son bien-aimé. Les paupières closes, elle appréciait pleinement la douce odeur d'encens qui émanait de l'habit de Wingel, et, l'oreille et la joue posée sur le tissu immaculé qui séparait sa peau de la sienne, percevait le moindre mouvement de son organisme. Après une profonde inspiration, elle répondit aux dernières paroles de Théran, brisant un nouveau silence auquel, bizarrement, elle ne trouvait rien d'oppressant.


« Vous savez, à mes yeux vous êtes un concentré d'humanité, alliant harmonieusement ses excès et ses magnificences. »


Sa voix était voilée, comme si elle ne s'était pas élevée depuis des jours. La Sephiroth hésita quelques peu à approfondir ses idées. Comme toujours, elle se sentait dans l'obligation d'apporter une réponse à chacune des phrases de son mentor, quoiqu'elle considérait le sujet comme extrêmement délicat. Après tout, dans la situation présente, la spontanéité serait peut-être son meilleur allié.

« Vous parlez de découvrir et de comprendre ce que l'on appelle l'amour; j'ignore moi-même comment me représenter ce sentiment. Ni comment l'attiser, ou comment l'entretenir. Tout ce dont je suis certaine, c'est de l'entière affection, renforcée par la dévotion, à votre personne. Tant dans sa dimension morale que physique. »


Le regard habituellement intense de la Sephiroth s'était fait vague, perdu dans les méandres de ses sentiments. Brusquement, les doutes revinrent à l'assaut.


« Pourquoi ma personne, plus qu'une autre? »

La question était à la fois futile et sèche. La jeune elfe se mordit la lèvre inférieure, furieuse contre elle-même.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Azariel
Suedel - Fondateur - Tempérance
avatar

Messages : 1491
[IRL] Surnom : Bia

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
Niveau: 32
Espèce: Infans Deum

MessageSujet: Re: Le Galetas du Messie   Mar 9 Mar - 7:59

" Toi plus que toutes les autres. J'ai déjà goûté aux ravages de l'amour, je me suis incarné, il y a maintenant quinze ans, dans un mort. J'avais quatre ans, lorsqu'en pleine autopsie j'ai investi ce corps. J'ai ressenti toute la tristesse, toute la peur de Théran Azhar... "

Il ne parlait jamais de lui, encore moins de son histoire. Il ordonnait, les autres exécutaient, et c'était la fin de la discussion. Personne n'osait lui poser de questions, seul Surë avait eu vent de quelques unes de ses aventures. Les troubles qui constituent les fondements de son existence demeuraient cependant des secrets profondément enfouis. Les fantômes de son passé, qui douloureusement ressurgissaient, eurent raison de sa retenue.

" Il avait seulement quatre ans, ses sentiments étaient vifs, forts, presque assourdissants, je me souviens avoir pleuré en parcourant ses souvenirs. Il avait une mère, une famille... Et jamais nous ne le reverrons, aujourd'hui encore, je laisse nos larmes ruisseler lorsque mirant le ciel, je sens cette vague m'envouter. Mais cet amour se fait vieux, parfois aigri par le manque et le doute.
Il nous arrive, enfin, il m'arrive, d'envier cette jeunesse. Je m'épanouis d'un souvenir, me contente de visions, c'est comme si cette métamorphose m'avait volé cette âme intimiste. "


Il avait coupé l'enveloppe. Eux, était devenu nous, puis moi. Il éprouvait beaucoup de difficulté à conter ces souvenirs à la première personne. C'était en fait un exercice délicat, à l'instar de tout être, il se souvenait parfaitement de son enfance, de l'enfance de son hôte. La mort avait offert à Théran Azhar, le récit exact de sa vie, pas une seconde n'avait été passée sous silence ; et en l'échange de sa résurrection, en l'échange de nouveaux pouvoirs, d'une nouvelle personnalité, il devait vivre avec toute la souffrance et l'infinie sulfure de la mort. Il connaissait chaque bribe de l'histoire de Terra, de chacun de ses peuples, des moindres légendes que contaient les livres, pourtant c'est la sienne qui demeurait la plus douloureuse, la plus captivante et paradoxalement la plus dérisoire. Comme tout être sur cette planète, il n'était sculpté que par ses expériences ; étrange divinité.

" Je t'ai choisis toi, car la tristesse infinie qui hante ma mémoire, je ne veux la vivre. Scellée parmi mes réminiscences, elle est mieux qu'à fleur de peau. Si jamais, je venais à renouer avec cette philosophie dédaléenne ; j'ai peur que le monde essuie le courroux de mes larmes. "

Seule la Tempérance savait jusqu'où elle irait pour rendre à cet univers la souffrance qu'il avait engendrée. Seule Wingel savait que le monde était encerclé de sa main, et qu'une pression trop importante saurait épandre une nouvelle vague d'horreur.

" Et tu es la femme en laquelle j'ai le plus confiance.
Mais, puis-je me permettre de te retourner la question ? "
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Laÿna
Sephiroth - Upper
avatar

Messages : 253
[IRL] Surnom : Chachou

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
Niveau: 22
Espèce: Incandescents

MessageSujet: Re: Le Galetas du Messie   Lun 5 Avr - 20:31

Là, juste sous son sein gauche, une vive contraction.
La coquille qui avait toujours séparé Wingel du reste du monde semblait s'affaiblir, devenir de plus en plus perméable. Ou, peut-être, l'y inclure.
Certes, elle l'épaulait depuis de longues années et l'avait déjà entrevue à plusieurs reprises, cette part de son mentor au potentiel affectif bien plus large que celui du Suedel manipulateur, facette dominante connue de tous. Un simple aperçu, cependant. Jamais elle n'aurait cru l'entendre un jour jour se dévoiler ainsi. Et jamais elle n'aurait cru trouver cela sous ce voile.
Une seule chose perturbait le merveilleux de ces confidences...


« Un exutoire, en quelques sortes? »

Ce n'était qu'une simple constatation. On ne discernait ni dans ses yeux, ni dans sa voix, la moindre pointe de déception. Car pour connaître la déception, il faut avoir cru en ce dont on découvre l'inexistence. Laÿna n'avait pas reçu de Sued ce perpétuel besoin qu'ont tant d'autres de voir tous leurs projets atteindre l'idéal. Elle ne voulait que lui signifier qu'elle l'avait entendu.

À son tour à présent. Il fallait d'abord que l'elfe se remémore les termes exactes de sa question... Pourquoi lui, plus qu'un autre? C'était absurde. Les autres, qu'étaient-ils en comparaison?


« Le Monde n'est que désordre. Fourmilière dans laquelle chacun tourne autour de lui même, ne prenant en considération que les quelques individus qui constituent son monde à lui. Les autres n'ont qu'à faire comme ils l'entendent, du moment qu'ils ne dévient pas sa propre trajectoire. »

Elle marqua une courte pause, durant laquelle l'impression de débiter des paroles inutiles, décrivant l'évidence, la saisit.


« Seul le sous-sol de cette basilique et toutes les autres institutions placées sous la coupe de la théocratie font exceptions. Seul ce qui est placé sous votre autorité. Cela devrait suffire à justifier mon adoration. Le reste, je ne saurais l'expliquer. »

Laÿna se blottit à nouveau contre le Suedel. Qu'aucune chaleur n'émane des monstres lui paraissait en cet instant difficile à croire. Lorsqu'elle se redressa, leurs visages se retrouvèrent exactement face à face. De ses yeux, le regard de la Sephiroth descendit jusqu'à sa bouche, y marquant un temps d'arrêt. Puis elle ferma les paupières et alla loger son crâne entre son épaule et sa nuque.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Azariel
Suedel - Fondateur - Tempérance
avatar

Messages : 1491
[IRL] Surnom : Bia

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
Niveau: 32
Espèce: Infans Deum

MessageSujet: Re: Le Galetas du Messie   Lun 3 Mai - 20:06

Ses bras passèrent autour de son cou, il l'enlaça amoureusement, recherchant le contact de son corps chaud et vivant, de sa peau suave et douce pour venir échauffer son inerte épiderme et offrir à son corps la même lueur ardente qui soufflait son glacial esprit. Ses douces mains ôtèrent leurs gants dans un délicat nuage de poussière pour venir glisser le long de son dos, ses doigts froids se faufilèrent entre les frissons qui s'immisçaient près de ses hanches pour se glisser entre la fine laine qui la recouvrait et sa peau granuleuse. Son autre main remonta, pour venir caresser la nuque de Laÿna, plus fermement, plus fortement, comme pour contraster avec les murmures anodins qui allaient et venaient, dénués d'une quelconque rythmique, comme perdus dans les formes sinueuses du dos de sa dulcinée. Sa main droite, guidée par ses doigts, se faufilèrent dans ses cheveux, caressant son cuir chevelu, toujours à la recherche de cette chaleur amoureuse.
    Un exutoire ? Plutôt mon puis d'espoir. Tu es le fil qui guidera mes desseins. S'il te plaît, souris-moi.
Elle sourcilla, un faible tremblement, un souffle plus court, et une légère étreinte sur tout le torse du Suedel ; mais jamais il ne la vit sourire. Enfermée dans le creux de son épaule, à se dorloter dans des bras qui semblaient dessinés pour ses épaules et juste musclé pour le confort de sa nuque, elle laissa son souffle se ralentir. Son âme éternisait les instants, de faibles tremblements la forçaient à rouvrir les pupilles, et à chaque battement ses cils caressaient la peau nue de son amant. Mais avant qu'elle n'ait le temps de se lasser, Morphée l'avait emportée. Elle qui avait escaladé les marches du paradis parce que frappée par l'insomnie, redescendait tendrement sur terre, portée par les ailes oniriques d'un sommeil féérique. Son ange l'allongea dans son cocon, couverte d'une couverture issue de sa divine magie, il lui embrassa le front. Tandis que sa main droite réajustait une mèche couvrant son visage inanimé, l'autre palpait sa nuque à la recherche de conflits nerveux. Les fibres scintillantes de sa mana ne détectèrent rien de douteux, elle était dans une parfaite position, aucune douleur ne se faisait sentir.

Il était temps pour l'Azhar, d'aller profiter de sa nuit à quelques lieux de cette chaude respiration. Il se leva, fit apparaître une longue bure couleur bleu nuit, elle descendait jusqu'au sol recouvrant ses pieds nus ; contrairement aux habituels modèles du Suedel, elle restait extrêmement fine et lisse, ressemblant plus à un linceul qu'à une vraie et ample robe d'archimage. Il posa la capuche sur ses cheveux plats et raids, rangea ses deux mains dans ses poches et scruta l'extérieure au travers de la meurtrière. Mais son visage ne su qualifier le dehors, incapable de rester inerte et vide, il ne put s'empêcher un petit rictus acerbe, il réprouvait l'idée de partir loin d'elle... Pas déjà. Mais il était le Suedel de la Tempérance et le monde l'appelait sans cesse. L'oiseau de nuit devait partir chasser, mais aujourd'hui il s'envolerait plus léger. La solide glace qui lacérait son coeur s'en était allée, aujourd'hui il portait en lui une nouvelle source de vie et de folie. Quelle ironie pour le monstre qu'il était que de voir sa strangulée pompe à sang diffuser dans tout son corps une sensation d'allégresse et d'ascèse.
    Rendez-vous à l'aube, ma Reine.
Son corps entier se dissipa dans une légère brise de cristaux fin comme la poussière. Dans le courant d'air qu'il avait généré en fuyant tel le vent, la myriade d'étoiles qu'il avait tissé de ses doigts de fée se mit à valser. Sous le joug d'une rare harmonie, la magie du céleste dessina avec une police vieille comme les écrit de sa théologie : "Merci."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Galetas du Messie   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le Galetas du Messie
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Gustave de Corday - Le Sanglant Messie
» Qui sera le sauveur d’Haïti ? La « diaspora » ? L’homme providentiel ?
» UV ♦ Messie dans son esprit

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Novus Genesis - Redemptio ::  :: Continent de Digmard :: Canton d'Ithaf :: Cité d'Ithaf :: Sous-sol de la Basilique-
Sauter vers: