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 Une lumière s'éteint mais la vie suit son cours

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Tyéris
Prosélyte
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Messages : 262
[IRL] Surnom : Kiara

Feuille de Personnage
Guilde: Ordre Ëjid
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Espèce: Sephiroth

MessageSujet: Une lumière s'éteint mais la vie suit son cours   Dim 28 Mar - 13:53


Il avait été choisi que cela se passerait à Manasra. Pourquoi ? Il est vrai que pour l'enterrement d'un Suedel, cette ville semble ne pas être des plus appropriées. C'était un village au bord de la mer, pas tellement d'habitants, principalement Sramans, et géographiquement... cette ville était sans doute celle qui était la plus éloignée de Pandemonium de tout le continent Ruchaneim, oui situé à l'extrême sud des terres. Mais... détrompez-vous, ce choix était en faite des plus réfléchis et aucune autre ville n'aurait été plus adaptée. Manasra loin de l'agitation, bercée par les flots, était l'image même du repos que l'on souhaitait donner au défunt, un cortège funèbre en grande farandole aurait été déplacé, de plus, être enterré à Pandemonium en tant que personnage important n'avait rien... d'enviable...intéressant... être enterré là bas revenait presque à devenir définitivement, un souvenir.

Luxel a existé, on se souvient de lui, que de regrets et de pensées chagrinantes....

Non, cela suffit. Loin de l'agitation, loin des larmes hypocrites, le cercueil avait pris place. Oh bien que la discrétion avait été souhaité, le groupe avait des allures de tâche blanche sur un décor bleuté. Mot d'ordre ? Costumes blancs, robes blanches, fleurs blanches et au maximum, d'un bleu pâle, pas plus foncé je vous prie. Cela aurait été donné un caractère si triste, de s'être vêtu de noir, non il ne fallait pas plus. Il ne fallait pas non plus en faire un véritable défilé de carnaval, d'ailleurs ce n'était pas géré ainsi. Le groupe était constitué à peine d'une dizaine de personne. Tout d'abord les Suedels, ils marchaient de chaque côté de cercueil, chacun d'eux tenant une belle gerbe fleurie, ensuite il y avait leur séphiroth, marchant eux à 3 pas derrière le cercueil, un prête menait la marche et le reste des participants étaient des proches sur lequel on n'aurait pu mettre de nom, tels des feu follets ils se massaient derrière le cortège et le suivaient d'un pas lent, douloureux.
Tous le monde marchait depuis la porte du village où les carrioles les avaient déposés, chacun maintenant effectuaient une marche symbolique vers le lieu du repos, en silence... il n'y avait pas un villageois dans les rues, il était encore très tôt après tout, le soleil ne montrait que ses doigts roses dans le ciel, et personne parmi les participants n'avaient la volonté de prononcer une parole. Parler... aurait été comme briser le respect, commettre un sacrilège, un blasphème même ! Non aucune parole ne devait pas être prononcé. Petit à petit, ils rejoignaient la place de l'enterrement, c'est à dire, une petite bute un peu à l'écart du village. Couverte de bonne herbe dont l'air un peu humide avait recouverte celle-ci d'une fine pellicule de rosée. La pierre était déjà postée, pas très impressionnante taillée comme une plaque blanche zébré de noir, gravée dans celle-ci le nom du défunt, sa date de naissance, et aussi, sa date de mort... et bien sûr que l'écrit au défunt :

«perdu sans notre lien»

Un écrit déchirant, en même temps à quoi nous attendons-nous ? C'est un enterrement. Le cortège s'arrête, doucement, on glisse le cercueil de bois doré dans son trou préparé avec soin. Le prête ne parle toujours pas, et il ne parlera pas, il gesticule quelques prières, ses lèvres bougeant à peine, il est concentré et s'efforce de ne pas briser le silence qui reste planant lourdement sur les épaules de chacun. Le cercueil est en bas, profond, on le voit vaguement dans la pénombre de son trou. Les gerbes de fleur sont déposées au fond, ou plutôt jetées, avec une certaine délicatesse quand même, elles ne font qu'un léger bruit en tombant sur le bois. Dans cette caisse git un suedel... dans cette caisse git le lien, détruit par la colère, par les disputes, et maintenant, se recouvrant peu à peu de terre au rythme des piochés de pelles, la terre noire et glacée, s'entassant s'entassant, jusqu'à revenir jusqu'à l'herbe. Chacun prend une poignée de graine et les jette sur la terre fraichement tournée, poussera ensuite quelques fleurs plus tard, pour ne pas laisser ce carré si dépourvue de beauté. La pierre est déjà assez sobre comme cela non ?

Soleil se lève sur cette tombe qui vient de naître, enfin il déploie ses rayons sur les contrées, apportant chaleur et lumière au monde. Même sans lui, le monde tourne encore, le monde va son train, le soleil se lève, et il se couchera également. Ce soleil éblouissant le cortège, les lavait un peu de leur tristesse, et les rayons faisaient ressortir le blanc éclatant de leurs costumes, mais aussi, l'aspect tranquille des lieux. Oui, paisiblement, la vie prenait son cours, plus du silence mais le roulis des vagues, le gazouillis des petits oiseaux, et la brise faisant bruisser les feuilles des arbres. Un endroit si bon à vivre... et à mourir. Au revoir... et … bonne nuit.

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Azariel
Suedel - Fondateur - Tempérance
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[IRL] Surnom : Bia

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MessageSujet: Re: Une lumière s'éteint mais la vie suit son cours   Ven 2 Avr - 21:45

Le soleil venait éteindre la pénombre, chauffant les douces brises estivales qui annonçaient l'émergence soudaine des chaudes journées du Sud. Ils venaient tâter, de leur infinie tendresse les froids cœurs de l'assemblée. Certains virent leurs larmes se taire, d'autres un sourire éblouir leurs visages... Mais il y en avait un que le soleil éperdait dans les méandres des bouillonnantes bribes qui obscurcissaient son esprit. Il suffit d'une ombre, pour enflammer les cendres chaudes que laissaient le décès de son frère. Celui qui lui était de loin le plus cher, victime du déchirement de ses sangs. Le Suedel de la tempérance, dans ce bal aux costumes livides, avait l'esprit assez noir pour tempérer. Tempérer, équilibrer cet effluve de tristesse, sécher ces suaves larmes d'une ardente colère. Et seul Sued savait à cet instant à quel point sa colère était grande.
    Tout est ta faute. Marmonna-t-il.
Ils ne furent que trois à comprendre, leurs attentions convergèrent vers leur Suedel. Aëon, Surë et Laÿna firent les premiers et les seuls à sentir céder la barrière de la décence. Aucun d'eux trois, pas même eux trois réunis ne pourraient arrêter le démon qui s'abattait sur l'assemblée divine. Les yeux du souverain de Digmard s'illuminèrent, dans l'ombre de sa capuche tristement rabattue. En face de lui, les représentants d'Eizanoma, à sa droite les enfers, à sa gauche Latrenc et enfin entre eux tous le Ruchaneim : mort. Les trois sephiroths eurent à peine lever leur regard, qu'une soudaine et surpuissante vague de mana les projeta loin derrière Wingel. Le Suedel de la tempérance voyait ses vêtements léviter autour de lui, sous l'incommensurable quantité d'énergie qui émanait de son corps. Il était immobile, en un instant la tristesse se transforma en peur, instinctive, chez chacun des hôtes du défunt. Mais ni ses yeux ni son esprit ne prirent le temps d'apprécier le spectacle, sa cible c'était Elle.
    Si Luxel est mort... Si notre ainé est mort... Si l'un des cinq doigts de sa sainteté est mort... Si le lien qui nous lie tous, tel notre sang est mort... C'est Ta faute ! Arawiel !
Tous tentèrent de s'interposer, tous ne firent qu'un seul pas, alors que lui avait traversé la salle. De leurs yeux à tous, il avait disparu, tous exceptée Arawiel qui vit fondre sur elle tel un éclair toute la colère de ce monde. Les larmes cristallines de l'aspirante dame nature flottaient encore dans les airs, son pas en arrière dégrisait l'inutile, déguisant d'instinct sa parfaite maîtrise de la situation. Car si Kalakiel était désarçonnée, incapable de lever la main sur un seul des siens, Juezel lui, jouissant des pouvoirs que lui offraient la mort d'un être si puissant, s'interposa in extremis. Lorsque les sephiroths rouvrirent les yeux, après avoir timidement tressaillis devant la violence du choc entre les deux Suedels, ils se délectèrent d'une scène emprise de la plus grande justesse ; il n'aurait suffit que d'un battement de cil pour qu'un autre Suedel en cette triste aurore, voit sa tombe creusée et remplie de ses cendres. Nul silence ne vint adoucir le torrent violent qui venait de s'abattre sur cette plaine de lumière. Le Suedel de la tempérance ne se contenterait d'un trou béant dans sa poitrine pour effacer les desseins morbides qui nourrissaient ses désirs. Sa main tâtant la peau du cou de sa sœur aux cheveux bleutés, il se maudissait de ne pouvoir trancher cette fragile et éhontée chaire céleste.
    Arrête. Mais il ne l'entendit pas. Wingel n'entendit pas les consignes avenantes de l'inaltéré Juezel. Le suedel de l'au-delà, celui qui ne connaissait nul sentiment.
    Tout est ta faute. Tu savais ce qu'il en couterait d'implorer mon aide. J'ai été créé pour établir un équilibre absolument parfait. Lorsque je t'aide, tu dois en payer le prix, mon prix. Et ce que j'ai fait aux tiens, pour que tu puisses enfin t'élever là où tes frères siègent depuis de longs mois sinon années. Méritait largement la mort de ce vaurien.
    Tu as fait plus que tuer un homme ce soir là, plus que tuer un des miens. Tu as brûlé vive la moitié de mon âme. Tu es devenu fou.
    C'était le prix du pouvoir, de la gloire et de la reconnaissance infinie que te montre désormais tout le peuple d'Eizano -
    Arrêtez ! Vous règlerez vos différents ailleurs. Ne m'obligez pas à vous expédier tous les deux dans un endroit plus appropriés à vos ébats.
    A qui crois-tu parler, à qui penses-tu couper ainsi la parole, Juezel ? Réponds-moi, à Qui ?!
Wingel sauta quelques mètres en arrière, le trou béant qu'avait laissé l'interception de Juezel se reboucha quasi instantanément, dans une tornade de scintillements cristallins. Le Suedel de la mort vit une bonne partie de son assurance vaciller devant un pouvoir anormalement efficace. Toute l'assemblée avait ressenti ce souffle, cette pureté les traverser et venir remodeler ce corps, c'était une magie qu'aucun terran ne pouvait pratiquer, qu'aucun des êtres ici présents n'avaient déjà croisée ; et pourtant tous la reconnurent, c'était celle de leur dieu Père : Sued.
    N'oublie pas, Juezel que si la mort d'un être t'octroie une partie de sa vitalité, la mort d'un divin m'offre l'intégralité de ses pouvoirs. N'oubliez pas, célestes créatures, qu'à partir de maintenant, Je suis l'ainé.
    Je te tuerai Arawiel, j'équilibrerai la mort de Luxel en t'envoyant souiller les putrides allées des enfers. Cette assemblée est dissoute et j'aspire à la voir bientôt pleurer Dame Nature.
C'était... L'avènement d'une guerre. La première depuis le cataclysme, il y a 16 ans.
Alors que sur le sol, la poussière de leurs envols renouaient avec le palpable, éparpillées au gré d'une brise lancinante de tristesse ; la tombe de Luxel, sous le poids du relâchement, se fissura. Comme son cœur dans l'au-delà, l'amour unificatrice, constitutive de son âme, qu'il symbolisait se fendit.
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